«Les beaux malaises 2.0»: une belle séparation

L’indiscrétion de la presse à potins et du public est soulevée dans cette suite: «Je ne règle pas de compte, ce sont des clins d’œil pour me faire rire», jure l’humoriste.
Photo: Bertrand Calmeau L’indiscrétion de la presse à potins et du public est soulevée dans cette suite: «Je ne règle pas de compte, ce sont des clins d’œil pour me faire rire», jure l’humoriste.

« Papa et maman vont se séparer ! », entonnent joyeusement Martin Matte et Julie Le Breton dans la bande-annonce virale des Beaux malaises 2.0, où l’on retrouvera, le temps de 10 épisodes de 30 minutes, la famille fictive de l’humoriste. Eh oui, comme le chantaient les Rita Mitsouko, « les histoires d’amour finissent mal en général ». Après avoir visionné les trois premiers épisodes, force est de constater que l’histoire d’amour entre le public et cette savoureuse comédie, où l’on cultive le malaise avec maestria, n’est pas près de se terminer.

S’inspirant de sa propre séparation — « un sujet banal pas banal » —, Martin Matte a mis un an à écrire cette quatrième saison, avec la collaboration « précieuse » de François Avard. « Le plus dur, c’est vraiment le défi d’écrire de quoi de drôle avec des situations dans lesquelles j’ai le plus souffert », a expliqué Matte lors d’un point de presse virtuel tenu lundi après-midi.

« Dans mon écriture, il y a eu un lâcher-prise, poursuit l’artiste. Je suis très content des premières saisons, mais il y a quelque chose ici que je n’avais pas parce que je voulais tellement créer de nouvelles affaires. C’est peut-être la cinquantaine, mais je me mettais moins de pression. »

Le vrai du faux

Cinq ans ont passé dans la vie de Martin, de Julie et de leurs enfants, Florence (Émilie Bierre) et Léo (Édouard Tremblay-Grenier, en remplacement de Charles William Ross, maintenant trop jeune pour le rôle). Séparé à l’amiable, le couple devra jongler avec la garde partagée, la crise d’adolescence des enfants, la libido de la mère de Martin (Michèle Deslauriers), les propos sans filtre de la mère de Julie (Christiane Pasquier) et les trous de mémoire du frère de Martin (Fabien Cloutier). Sans oublier l’indiscrétion de la presse à potins et du public : « Je ne règle pas de comptes, ce sont des clins d’œil pour me faire rire », jure l’humoriste.

Évidemment, Martin pourra compter sur ses amis Patrice (Patrice Robitaille) et Jean-François (Martin Perizzolo). Bref, peu de choses ont changé, et c’est tant mieux, sauf que dans cette nouvelle saison, on va plus loin dans l’émotion, et qu’il y a un nouveau pilote dans l’avion. De fait, retenu par le tournage d’un film, Francis Leclerc a dû céder les commandes à Robin Aubert, pressenti pour réaliser la série à l’origine.

« La comédie, c’est ce qu’il y a de plus difficile à réaliser parce que la ligne est fragile entre en faire trop et ne pas en faire assez. Le timing n’est pas toujours facile à trouver. J’ai appris chaque jour sur cette série et j’en ai encore à apprendre », a révélé le réalisateur des Affamés.

« Robin, qui a un sens du comique, s’est embarqué dans l’aventure avec beaucoup d’humilité et d’ouverture. C’est quelqu’un dont j’admire le talent depuis longtemps. Comme c’était la version 2.0, il a pu apporter sa vision. Je crois qu’on a fait quelque chose de bien beau ; je suis heureux, confiant et satisfait », confie Matte, saluant au passage les acteurs, « au sommet de leur art ».

« Malgré l’aspect COVID, j’ai essayé de respecter le plus possible l’univers de Martin et de Francis. À l’époque, ça avait été une grosse déception pour moi de ne pas faire les Beaux malaises, mais j’ai choisi la famille et c’était le bon choix à faire. Quand les producteurs Vincent Gagné et François Rozon cherchaient un réalisateur, j’avais soulevé le nom de Francis. On s’est comme renvoyé la balle ; Francis a été là pour moi. On s’est textés et téléphoné quelques fois, mais c’était clair que je devais dire “oui, oui, oui” à Martin, donc ça a bien été. Je crois que Francis est content pour moi ; il n’y a pas de malaise. En fait, il y en a dans la série, mais pas dans la vie », dit en blaguant Aubert.

Fidèle à l’esprit de cette fiction librement inspirée de sa vie, Martin Matte n’a pas oublié d’y inclure d’amusantes mises en abyme. Pourrait-on y voir Robin Aubert, aussi doué devant que derrière la caméra, débarquer dans le décor dans le rôle du réalisateur ? « Ça se pourrait… », dit ce dernier. Une chose est sûre, dès le premier épisode, on aura droit à d’hilarants caméos.

Si Martin Matte ne croit pas faire une suite 3.0 pour le cinéma, comme certains le lui ont suggéré, d’autres saisons des Beaux malaises pourraient bien s’ajouter : « Julie Le Breton m’a suggéré de revenir tous les cinq ans. Je ne trouve pas ça fou de faire un bilan de vie tous les cinq ans… ».  

Les beaux malaises 2.0 

TVA et TVA +, dès le mercredi 27 janvier, 21 h