​Sur vos écrans: histoires de vies

L’humoriste et chanteuse Dominique Michel
Photo: ICI Radio-Canada Télé L’humoriste et chanteuse Dominique Michel

Le bilan de Dodo

Elle nous a semblé longtemps éternellement « jeune », et pourtant, notre Dodo nationale a atteint l’âge vénérable de 88 ans le 24 septembre dernier. C’est d’ailleurs ce jour-là que l’animateur André Robitaille a conclu le tournage d’une grande entrevue que lui a accordée l’humoriste et chanteuse, toujours espiègle, toujours généreuse et éternellement directe.

Photo: ICI Radio-Canada Télé L’animateur André Robitaille a conclu le tournage d’une grande entrevue que lui a accordée l’humoriste et chanteuse, Dominique Michel.

Ce long entretien, visiblement tourné en plusieurs séances, donne une belle occasion à cette grande dame du showbiz québécois de dresser une sorte de bilan de ses réalisations professionnelles, de sa vie personnelle, qui a souvent fait la une des revues à potins, de ses grands bonheurs et de ses déceptions, le tout livré sur le ton de la confidence qui convient à ce genre plutôt rare à notre petit écran. Il y est entre autres question de ses années de cabaret, dont elle n’est pas nostalgique, de son unique mariage avec le hockeyeur Camille Henry, de Moi et l’autre, et de son amitié en dents de scie avec Denise Filiatrault, des innombrables Bye-bye et de personnages marquants qu’elle a interprétés (et parfois oubliés…) et aussi de la mort, qui finira par arriver tôt ou tard, et devant laquelle elle est sereine. Une heure bien remplie, qui passe en un coup de vent.

 

Dominique Michel : j’avance…
ICI Radio-Canada Télé, lundi, 21 h
 

Un médecin trop généreux

Depuis quelques années, les histoires de médecins spécialisés en traitement de fertilité qui ont utilisé leur propre sperme pour inséminer leurs patientes se sont multipliées. S’ajoute à cette triste liste celle du docteur Quincy Ernest Fortier, un obstétricien et gynécologue qui a pratiqué dans la région de Las Vegas pendant une soixantaine d’années et qui a « fait des petits » pendant une bonne quarantaine d’années, à l’insu de ses clientes, dont certaines qui ne souhaitaient pas devenir enceintes. C’est ce que révèle ce documentaire un peu bancal et décousu, mais assurément troublant.

On y suit d’abord l’enquête, menée par Wendi Babst, une policière retraitée qui a découvert que Fortier était son véritable père grâce à un test génétique « commercial » d’une entreprise de recherches généalogiques et qu’elle avait beaucoup de cousins de sang portant ce patronyme d’origine francophone. Elle a ainsi pu retrouver d’autres demi-frères et sœurs, qui s’ouvrent sur leurs questionnements identitaires après avoir appris qu’ils sont les enfants d’un homme qui a trahi la confiance de leur mère. D’autres révélations particulièrement dérangeantes sur ce personnage digne d’un film à suspense, qui n’a d’ailleurs jamais perdu son droit de pratique et qui est mort avec une réputation enviable à l’âge de 93 ans, viennent détourner le cours de cette enquête pourtant fort intéressante, qui aurait gagné à garder le cap et être un peu resserrée.

 

Baby God
HBO et Crave, dès le 2 décembre
Photo: HBO

 

Sage biographie

Les drames biographiques d’artistes au destin tragique ne font pas très souvent dans la demi-mesure ou l’originalité formelle, surtout quand ce genre de projet a obtenu l’imprimatur de la famille de la défunte star. C’est le cas de cette nouvelle série dramatique consacrée à la courte vie, bien remplie, de la chanteuse américaine d’origine mexicaine Selena Quintanilla, immense star de la musique latino texane (ou tejano) dans les années 1980 et 1990, assassinée en pleine gloire en 1995, alors qu’elle était dans la jeune vingtaine. La série, produite par le père et la sœur de la défunte étoile, dresse une chronique édifiante de sa patiente ascension musicale, de ses débuts professionnels à dix ans en tant que chanteuse de la formation musicale familiale Los Dinos, entourée et protégée par les siens, jusqu’à sa gloire internationale qui l’a fragilisée. Il faut vraiment s’intéresser de près à cette étoile trop vite disparue pour persévérer dans l’écoute de ce mélodrame biographique pétri de bons sentiments, mais de trop peu de musique. À vos risques…

 

Selena : la série
Netflix, dès le 4 décembre
Photo: Netflix L’actrice Christian Serratos dans «Selena: la série»

À ne pas manquer

Dessine-moi un petit prince
 

Sur une partition originale d’Éric Champagne, le Théâtre du Nouveau Monde et l’Orchestre Métropolitain invitent à renouer avec l’esprit rêveur du Petit prince de Saint-Exupéry. Mis en scène par Sophie Cadieux, le conte poétique et philosophique est enrobé d’une musique interstitielle distillée en petites touches atmosphériques. Repiqué par le passeport culturel de Télé-Québec, le spectacle se distingue au surplus par l’excellente personnification du Petit prince (magique Renaud Lacelle-Bourdon), une distribution étoilée et la précision raffinée des éclairages de Nicolas Ricard.



Le Petit Prince
Télé-Québec, le 4 décembre, 21 h 30 ; en rappel le 6 décembre, 20 h 30