En VSD cette semaine - Spécial Halloween

Les vilains mutants de «The Brood» en pleine action
Photo: Montreal Trust Company of Canada, New World, Kobal, REX, Shutterstock Les vilains mutants de «The Brood» en pleine action

À tout seigneur…

Impossible de commencer cette sélection thématique avec un autre titre que l’emblématique Halloween (1978), de John Carpenter. Imité, refait mais jamais égalé, ce récit d’une gardienne d’enfants qui, le soir de la fête en question, est traquée par un mystérieux tueur masqué, a profondément marqué, à raison. Or, malgré le sujet et la réputation du film, l’action n’est guère sanglante. C’est par sa mise en scène à la fois sobre et ingénieuse que le cinéaste parvient à effrayer. Le mémorable thème musical qu’il a lui-même composé est un autre atout. Après ce récit « moderne » inspiré par diverses légendes urbaines, on poursuit avec The Fog (1980), qui lui se veut une histoire de fantômes à l’ancienne (avec malédiction, pirates et vaisseau fantôme). Sur cette base-là, c’est très chouette. Et la musique de Carpenter, à nouveau, élève l’ensemble, tout comme d’ailleurs la direction photo de Dean Cundey.

Halloween / The Fog
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Pensées assassines

Autre cinéaste phare ayant contribué à renouveler le genre horrifique à la même époque grâce à la singularité des propositions issues de son imaginaire débridé : David Cronenberg. Tout récemment lancés en versions numériques, The Brood (1979) et Scanners (1981) constituent d’excellents exemples de concepts inusités ayant débouché sur des films fertiles en images saisissantes. Dans le premier, les patients d’un thérapeute voient leur colère refoulée se matérialiser en dangereuses mutations (mémorable scène de « naissance »). Dans le second, des télépathes sont capables non seulement de lire les pensées d’autrui, mais de carrément leur faire exploser la tête (ouverture anthologique). Bien avant que Cannes lui confère un vernis de respectabilité, Cronenberg était déjà un géant.

The Brood / Scanners
​iTunes

Photo: Montreal Trust Company of Canada, New World, Kobal, REX, Shutterstock Michael Ironside (à gauche) au début de «Scanners», juste avant que ne survienne l’explosion d’hémoglobine


 

Kathy Bates chez Stephen King

Dans l’histoire des Oscar, rares sont les interprètes qui l’ont remporté pour des films d’horreur. Kathy Bates est l’une des exceptions qui confirment la règle. Surtout active au théâtre lorsque Rob Reiner lui confia le premier rôle féminin dans son adaptation du roman Misery (1990), de Stephen King, la comédienne fit frémir le public en Annie Wilkes, « admiratrice numéro un » d’un romancier qu’elle séquestre après l’avoir rescapé d’un accident de voiture. King fut si impressionné qu’il écrivit Dolores Claiborne, récit sur deux époques d’une femme accusée du meurtre de son mari violent, puis de celui de son employeuse acariâtre, expressément pour elle. Le film qu’a tiré Taylor Hackford de ce roman en 1995 est magnifique, avec des va-et-vient virtuoses entre passé et présent portés par la musique mélancolique de Danny Elfman.

Misery / Dolores Claiborne 

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Envahisseurs au cube

Imaginez que de cosses extraterrestres émergent des doubles d’êtres humains. Le modèle original ne survivant pas à sa « copie », c’est là une brillante façon d’envahir la terre ni vu ni connu. L’idée au cœur du roman de Jack Finney L’invasion des profanateurs est si brillante qu’elle a inspiré maintes adaptations officielles et officieuses. La première, Invasion of the Body Snatchers (1956), de Don Siegel, misait sur la paranoïa et la peur du communisme sur fond de petite ville. Campée à San Francisco, celle de Philip Kaufman (1978) s’inscrit plutôt dans un climat de désenchantement après un « flower power » aux idéaux flétris. Avec échos diffus de la guerre du Golfe, mais surtout des préoccupations écologiques marquées, le Body Snatchers (1993) d’Abel Ferrara transporte pour sa part l’action sur une base militaire où la fille d’un biologiste est témoin du « remplacement » graduel des membres de sa famille reconstituée. En belle-mère doucereuse, Meg Tilly livre un monologue terrifiant.

Invasion of the Body Snatchers / 1978 / Body Snatchers 

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