​Sur vos écrans: COVID oblige

La série documentaire «Autiste, maintenant majeur» suit le parcours de Mathis, Maëlle, Raphaël, Elliot, Benjamin, Laurent et Malika en quête d’une certaine autonomie.
Photo: Moi et cie La série documentaire «Autiste, maintenant majeur» suit le parcours de Mathis, Maëlle, Raphaël, Elliot, Benjamin, Laurent et Malika en quête d’une certaine autonomie.

Galas maison

Avec la rentrée télévisuelle automnale s’amènent les cérémonies qui récompensent le meilleur des petits écrans québécois et américains, qui ont généralement lieu le même soir… C’est encore le cas en cette année de tous les étranges, mais ces galas, habituellement égayés par un public de vedettes pailletées et endimanchées, seront beaucoup moins clinquants que les éditions précédentes.

Les remises des prix Gémeaux et Emmy se feront devant des salles vides, ou presque, mais tout de même en direct, et les lauréats pourront faire leurs remerciements dans le confort de leur foyer, ou le lieu «distancé» de leur choix… Ainsi, chez nos voisins de Sud, l’animateur Jimmy Kimmel se retrouvera fin seul sur la scène de Staples Center à Los Angeles, pour livrer son monologue d’ouverture, sans pouvoir profiter de la réaction immédiate d’un public. Il sera accompagné à quelques reprises durant la cérémonie par des présentateurs de prix particuliers, parmi lesquels on compte Oprah Winfrey, America Ferrara et Lena Waithe. Sinon, le Tout-Hollywood n’aura pas la chance de parader sur le tapis rouge pour glisser un message politique, ou une boutade, entre deux questions sur leur habillement. Les producteurs de la cérémonie ont toutefois promis aux nommés qu’ils pourront profiter d’une qualité d’image et de son optimale pour livrer leur discours avec un certain panache dans le confort de leur foyer s’ils l’emportent.

 
Photo: Ici Télé Véronique Cloutier assurera l’animation du gala des Gémeaux.

De ce côté de la frontière fermée pour les voyages non essentiels, c’est Véronique Cloutier qui assurera à nouveau l’animation du gala des Gémeaux, celui des catégories les plus prestigieuses, en direct du studio 42 devant un public bien moins imposant qu’à l’habitude : une centaine de spectateurs, principalement des nommés, pourront assister à la cérémonie, pendant laquelle on utilisera les techniques de réalité augmentée, qui permet d’intégrer des éléments visuels en trois dimensions aux prises de vues réelles. Il reste à voir si cet artifice rendra le gala plus intéressant. En après-midi, l’humoriste Arnaud Soly sera le maître de cérémonie de l’Avant-première, toujours en direct et en virtuel, pendant laquelle seront remis plusieurs Gémeaux importants.



Avant-première
Artv, dimanche, 14 h 30
 
Gala des 35es prix Gémeaux
Radio-Canada, dimanche, 20 h

The 72nd Primetime Emmy Awards
ABC et CTV, dimanche, 20 h
 
 

L’âge adulte

Autiste, bientôt majeur a révélé au grand public, lors de sa diffusion à l’automne dernier à Moi & cie puis sa rediffusion sur le réseau TVA, la réalité quotidienne de familles dont l’un des enfants est atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Cette magnifique série documentaire produite par Charles Lafortune permettait de découvrir le parcours pas toujours facile de son fils Mathis, mais aussi de ceux de Maëlle, Raphaël, Elliot, Benjamin, Laurent et Malika, alors qu’ils s’approchent de plus en plus de l’âge fatidique de 21 ans, à partir duquel ils ne pourront plus fréquenter l’école, une source de questionnements et d’angoisse pour leurs parents. Dans le premier épisode dAutiste, maintenant majeur, on les retrouve un an plus tard, durant la pandémie de coronavirus, forts de l’expérience télévisuelle qui a bouleversé sur divers plans leur existence et celles de leurs proches, en quête d’une certaine autonomie mais avec des parents toujours aussi habités de doutes et de questionnements sur leur avenir. Cette suite s’intéressera également à la réalité d’autistes un peu plus vieux, qui ont atteint la trentaine et dont les parents ne sont plus en mesure de s’en occuper. Le résultat à l’écran reste toujours aussi émouvant, sans pourtant verser dans un mélo larmoyant, grâce à la spontanéité et à la générosité à l’écran de ces jeunes adultes pas typiques et de leurs proches dévoués, qui espèrent un avenir plus radieux possible pour leur progéniture un peu spéciale.



Autiste, maintenant majeur
Moi & cie, mercredi, 19 h 30, rediffusion, dimanche, 18 h
 
 

Trouver l’âme sœur, à distance

Trouver le grand amour à l’ère des applications de rencontre peut s’avérer digne du parcours du combattant. La pandémie actuelle complique encore un peu plus les choses. C’est pourtant l’objectif que se fixent les participantes de cette docusérie de Canal Vie, qui emprunte beaucoup aux codes de la téléréalité de rencontres amoureuses, pour raconter la quête de l’âme sœur de cinq Québécoises de 23 à 42 ans vivant dans la grande région de Montréal. Leurs confidences et démarches sont commentées par Olenny Pelletier, une « spécialiste en relations interpersonnelles » qui livre ses analyses et conseils. Malheureusement, la série, à la facture visuelle et au rythme étourdissants, s’affranchit rarement du ton « téléréalité » un peu simpliste qu’elle adopte pour aborder la question complexe de la quête amoureuse moderne. La production a fait un effort pour afficher une certaine diversité de candidates au grand amour, auxquelles on a pourtant du mal à s’attacher et qu’on semble cantonner dans les clichés que chacune d’entre elles semble incarner. C’est du moins l’impression que laissent les deux premiers épisodes, au bout desquels on se sent soi-même un peu « à boutte ».



Célibataires à boutte
Canal Vie, mercredi, 20 h 30
Photo: Canal Vie


Le visionnement de la semaine

En 2014, la première saison du thriller conspirationniste britannique Utopia a beaucoup fait jaser pour son esthétique léchée et sa violence inouïe. Cette histoire d’un groupe de jeunes amateurs d’une bande dessinée mystérieuse qui prédirait l’avenir (plutôt sombre) du monde, pris en chasse par les agents d’une organisation secrète alors que frappe une épidémie d’un virus étrange, a séduit le réalisateur David Fincher, qui devait en produire une version américaine pour HBO. Six ans plus tard, c’est pourtant sous la houlette de la romancière et scénariste Gillian Flynn (Gone Girl, Sharp Objects) que cette relecture américaine, dont le propos fait écho à l’actualité, s’est finalement concrétisée, pour le compte de Prime Video. Avec John Cusack, Rainn Wilson et Sasha Lane (découverte dans American Honey) dans le rôle principal.



Utopia
Prime Video, dès le 25 septembre

À ne pas manquer

Mémoires amoureuses
 

« C’est beau avec toi. » Cette phrase, toute douce et pleine d’ouverture, a progressivement remplacé les « je t’aime » quotidiens, désormais ensevelis dans les méandres d’une mémoire chancelante. Elle synthétise aussi et surtout la beauté brute qui irradie du très touchant D’amour et d’oubli, documentaire tire-larmes de Loïc Guyot qui raconte les amours d’Yves et Lyne, contrariées par une maladie d’Alzheimer arrivée précocement. Cette nouvelle incursion au Manoir Soleil, par le biais de ses amoureux les plus célèbres, sonne terriblement juste. Poignant et humain.


D’amour et d’oubli
Unis, lundi, 20 h