Sur vos écrans: recettes éprouvées

Daniel Zovatto et Nathan Lane dans «Penny Dereadful : City of Angels».<i> </i>
Photo: Netflix Daniel Zovatto et Nathan Lane dans «Penny Dereadful : City of Angels». 

Trouver la reine du Canada

 

Au lendemain de la fête du Canada débute la première téléréalité tournée au pays ayant pour but de lui trouver une reine un peu spéciale, à des lieues de celle qui est officiellement cheffe de l’État… Après des versions britannique, allemande, thaïlandaise et chilienne, voilà que le concours télévisé américain de drag-queens produit et animé par RuPaul depuis 2009, RuPaul’s Drag Race, a désormais sa déclinaison canadienne.

La célèbre drag-queen et artiste multidisciplinaire cède toutefois son rôle d’animatrice de cette compétition extravagante à une participante canadienne de l’édition américaine de 2019, qui avait alors terminé deuxième, l’Ontarienne Brooke Lynn Hytes, qui fera également partie du jury en résidence, avec l’acteur Jeffrey Bowyer-Chapman et le mannequin Stacey McKenzie. Ils seront appuyés dans leur tâche d’évaluer les performances des douze aspirantes au titre de première drag-queen du pays (et au prix de 100 000 $ qui y est assorti…) par une série de juges invités, des artistes canadiens, dont certains sont même un peu connus dans l’autre solitude (Mary Walsh, Tom Green, Elisha Cuthbert).

Parmi les douze candidates qui feront tout pour se démarquer du lot, on compte deux représentantes du Québec, à savoir Kiara et Rita Baga (Jean-François Guevremont, directeur de la programmation de Fierté Montréal), qu’on a déjà pu voir à l’œuvre dans la série documentaire Ils de jour, elles de nuit (Artv). Les épisodes, diffusés à raison d’un par semaine, ont tous été enregistrés avant que la pandémie ne se déclare au pays, donc aucune raison de craindre que cette première édition se retrouve sans souveraine…


Canada’s Drag Race. Que la meilleure gagne (V.O.A., s.-t.f.)
​Crave, dès le jeudi 2 juillet
 

Affaires non classées

 

Le genre « true crime » a le vent dans les voiles depuis quelques années sur nos écrans, autant en documentaire qu’en fiction. Pourtant, cette mode de remettre en lumière des crimes non résolus et autres affaires non classées est loin d’être nouvelle… Une série documentaire américaine au long cours, Unsolved Mysteries, mieux connue ici dans sa traduction québécoise Dossiers mystère, animée par Jean Coutu de 1989 à 1993 sur les ondes de TQS, a proposé de 1987 à 2010, sur différentes chaînes et dans des formules renouvelées, près de 600 histoires policières non résolues, dont certaines qui flirtaient avec des phénomènes paranormaux.

Voilà que les producteurs de ce classique de la télévision « psychotronique » se sont alliés à ceux d’une autre série culte qui exalte la nostalgie des années 1980, Stranger Things, pour proposer cette nouvelle fournée d’une douzaine d’histoires de meurtres et de disparitions restés mystérieux. Les six premiers épisodes, disponibles dès mercredi, restent fidèles à la formule originale du récit relaté par des proches, des journalistes, des policiers et des spécialistes, et aux thèmes explorés, avec entre autres une histoire d’ovnis au Massachusetts. Un plaisir nostalgique pas si coupable…


Dossiers mystère (Unsolved Mysteries en V.O.A.)
​Netflix, dès le mercredi 1er juillet
 

L’horreur, toujours

 

Deux séries offertes cette semaine sont des produits dérivés de productions à succès qui exploitent habilement des canevas classiques de l’horreur.

Penny Dreadful : City of Angels est une suite au drame d’horreur Penny Dreadful, une coproduction américano-britannique créée par le scénariste John Logan (The Aviator, Hugo, Skyfall) dans laquelle on croisait de nombreux personnages plus ou moins terrifiants de classiques de la littérature anglaise du XIXe siècle. Cette fois, le récit est campé dans la métropole californienne à la fin de l’âge d’or hollywoodien (et de la Grande Dépression) alors que les autorités construisent une autoroute qui traverse des quartiers latinos, sur fond de tensions sociales et raciales, d’influences nazies, et de folklore spirituel mexicain, qui guident (et pourraient faire dérailler) l’enquête pour meurtre d’un duo d’enquêteurs.

Photo: Netflix «Les origines», première série japonaise d’horreur produite par Netflix.

Ju-On. Les origines, la première série japonaise d’horreur produite par Netflix, se veut un antépisode à la franchise de films du même titre, qui comptent six opus originaux et trois relectures américaines (The Grudge) et qui offrent des variations sur le thème de la maison hantée par un fantôme vengeur, qui tue tous ceux qui y entrent. Comme son titre l’indique, cette déclinaison télé raconte les « événements réels » qui ont provoqué cette malédiction, une sombre histoire de meurtre conjugal et familial…


Penny Dreadful : City of Angels (V.F.)
​Super Écran et Crave, dès le lundi 29 juin, 20 h, les épisodes sont tous offerts en v.o. sur Crave

Ju-On. Les origines
​Netflix, dès le vendredi 3 juillet

 

Visionnement de la semaine

En cette toute fin du Mois de la fierté LGBTQ, ce documentaire de David France (How to Survive a Plague), primé à Sundance et à Berlin, raconte les funestes conséquences de la campagne homophobe menée depuis 2017 par le gouvernement tchétchène : emprisonnements, tortures et exécutions de membres de la communauté LGBTQ de cette petite république proche de Moscou… Le film donne la parole aux militants qui résistent à cette « purge », dont l’anonymat est préservé par des effets spéciaux comme on en voit rarement au cinéma documentaire.

Welcome to Chechnya
​HBO et Crave, le mardi 30 juin, 21 h

L’été italien

Le dernier volet de la trilogie autobiographique dans laquelle Ricardo Trogi raconte avec une bonne dose d’autodérision des moments charnières de son adolescence, lauréat de l’Iris du meilleur film l’an dernier, s’accorde parfaitement avec la belle saison. Cette fois, on suit le sympathique héros, toujours incarné avec un charme fou par Jean-Carl Boucher, maintenant devenu un jeune adulte, qui part pour l’été dans le pays d’origine de son père, afin de suivre une des femmes de sa vie. Évidemment, les choses ne se passeront pas comme il le prévoit, pour notre plus grand plaisir.

​1991
​Radio-Canada, le vendredi 3 juillet, 20 h