«In Other Waters»: en eaux troubles

Fellow Traveller

Le nouveau jeu de science-fiction In Other Waters était exactement ce dont on avait besoin ces jours-ci : une bouffée d’air frais, alors qu’on croyait bien risquer de manquer d’air.

Le jeu raconte l’histoire d’Ellery Vas, une biologiste qui arrive sur une planète océan inconnue à la recherche d’une collègue disparue. À peine arrivée, Ellery découvre sur Gliese 677Cc la toute première forme de vie extraterrestre observée à ce jour. Elle s’attelle donc à la documenter, en plus de suivre les traces de son amie.

Vous remarquerez que seule la troisième personne a été utilisée dans cette critique jusqu’ici. On ne prend pas la place de l’héroïne dans In Other Waters, mais bien celle d’une intelligence artificielle chargée de l’appuyer. Ellery le remarque d’emblée ; son véhicule d’exploration, une espèce de scaphandre futuriste, semble défectueux, car elle ne peut l’opérer par elle-même. Toutes les commandes sont entre nos mains.

Le gros du jeu réside donc dans l’opération de l’étrange machine sous-marine qu’elle pilote au travers de plusieurs niveaux d’abstractions. Moteurs, outils d’échantillonnage, radars et autres scanneurs sont tous contrôlés via une interface d’une simplicité efficace. Les créatures sous-marines qui habitent les océans de la planète sont représentées par des petits points. Les paysages sont résumés à leurs lignes topographiques.

Nous ne sommes qu’une machine, après tout, et on arrive à s’imaginer par cette interface être cette IA qui calcule des vecteurs de mouvement et qui ne peut répondre que par « Oui » ou par « Non » aux questionnements d’Ellery.

La biologiste, elle, se charge de commenter et de prendre note de l’étrange biodiversité sous-marine de la planète.

Apparaît alors une intéressante symbiose : si le personnage principal se meut à travers nous, c’est à travers ses écrits et ses croquis qu’on entre en contact avec l’univers inconnu du jeu. Là encore, une grande part du récit est laissée à notre propre imagination.

Fait impressionnant, In Other Waters est conçu et écrit par une seule personne, Gareth Damian Martin, un Londonien aussi critique de jeux vidéo. Appuyée avec brio par la musique électronique planante d’Amos Roddy, l’expérience est mémorable. On recommande.

In Other Waters

Conçu par Jump Over the Age et édité par Fellow Traveller. Offert pour environnements Windows et Nintendo Switch.