«Amazing Stories»? Pas vraiment.

Intitulé «The Cellar», le pilote se passe dans une cave. Et il porte la signature de Chris Long.
Photo: Apple TV+ Intitulé «The Cellar», le pilote se passe dans une cave. Et il porte la signature de Chris Long.

La série s’appelle Amazing Stories, mais le premier mot apparaît de trop. D’amazing, ces stories n’ont, tristement, pas grand-chose. Si ce n’est leur budget faramineux. Et la stupéfaction de voir le nom de Steven Spielberg associé à quelque chose d’aussi moche.

L’émission originale, pourtant, qui portait le même titre, demeure toujours drapée d’une aura culte. Diffusé entre 1985 et 1987 sur le réseau NBC, ce mélange de fantastique, d’horreur, de comédie et d’action avait remporté cinq prix Emmy. Plusieurs gros noms s’étaient succédé à la réalisation des épisodes, dont Clint Eastwood, Martin Scorsese et Robert Zemeckis.

Cette mouture remise au goût du jour par Apple TV + ne s’aligne pas pour connaître le même succès (encore une fois, le mot « goût » est peut-être de trop). Produite par Spielberg, elle semble miser sur la mode nostalgique qui a propulsé des œuvres à la Stranger Things au sommet des palmarès. Il manque néanmoins de cœur, d’idées et d’authenticité. Le décor… a l’air d’un décor.

On aurait peut-être dû s’en douter ? Un seul épisode avait été montré aux médias, et l’embargo critique a été fixé pour le jour même de la sortie. Deux indices qui laissent habituellement présager un léger fiasco.

Et force est d’admettre que c’est plutôt cataclysmique.

Comme une mauvaise blague

Intitulé The Cellar, le pilote se passe dans une cave. Et il porte la signature de Chris Long (pas le joueur de football, mais bien le réalisateur qui nous a donné The Mentalist).

L’histoire commence pourtant assez bien : deux frères doivent réparer une demeure délabrée aux couleurs délavées. On a écrit « commence », car ça dégénère vite fait. L’un des frères, qui s’appelle Sam (détail capital), passe son temps sur Tinder. Un soir, alors qu’il arrive en retard à un rencard, il tente de se racheter en se vantant d’être un oncle super, qui prend bien soin de sa nièce. « Ah oui ? » dit la demoiselle, nullement impressionnée. « Mais bien sûr ! Je suis l’oncle Sam ! » (Cette blague a réellement été écrite.)

C’est ainsi que le spectateur comprend que ce « millénarial cliché » ne croit pas à l’amour. Jusqu’à ce qu’il découvre « une capsule temporelle » (hé, c’est quoi, ce baromètre ?) et une boîte de confiseries recelant une photo en noir et blanc d’une demoiselle qui le fait craquer.

Sur ces entrefaites, une tempête survient, le courant est coupé, l’écran bouge un peu de façon psychédélique et l’homme se retrouve dans le passé, comme nous le prouvent un assortiment de vieilles conserves et une calèche tirée par des chevaux. Puis, il aperçoit la fille de la photo et décide que c’est elle qu’il aimera pour le reste de ses jours, même si… « Je viens du futur. De 2019. »

La suite de l’aventure donnera lieu à d’autres phrases tragiques du type :

« Dans le futur, on peut commander des plats qui nous sont directement livrés à la maison. Il y a de la nourriture italienne, chinoise, indienne…

— De la… nourriture indienne ? »

La série semble également miser sur le discours d’actualité. En soulignant le tout au crayon fluo. « Je viens d’un endroit où j’ai un trop grand choix, dit par exemple le gars du présent à sa douce du passé. Toi, tu viens d’un temps où tu n’en as aucun. »

Notons ici que c’est Bryan Fuller, le créateur de la série Hannibal, qui devait à la base mener le bateau. Mais il a été remercié pour cause de « différences créatives ». Selon l’Hollywood Reporter, Fuller souhaitait donner à la production des accents glauques à la Black Mirror. À l’inverse, l’épisode 1 évoque plutôt une soupe à la Time’s Traveler Wife (vous vous souvenez peut-être de ce film avec Eric Bana qui s’évaporait et se rematérialisait à d’autres époques).

Il y a de l’amour au premier regard, des robes à volants, du sirop de violons. La totale. Espérons que la suite de ces stories sera plus concluante.

Amazing Stories

Sur Apple TV + dès le 6 mars