«Carré Saint-Louis, une histoire populaire»: sous la tutelle de Nelligan

Au fur et à mesure que les souvenirs de chacun se débobinent, le carré aux lignes victoriennes prend singulièrement forme, tel un personnage à part entière.
Photo: Radio-Canada Au fur et à mesure que les souvenirs de chacun se débobinent, le carré aux lignes victoriennes prend singulièrement forme, tel un personnage à part entière.

C’est un lieu chargé de songes planté au cœur de Montréal. Un square mythique au-dessus duquel flotte l’âme fiévreuse d’Émile Nelligan, dans laquelle se sont reconnus quantité d’artistes aux horizons divers. Mus par un même absolu, ceux-ci racontent à Hélène Choquette comment cette géographie, choisie ou pas, a influencé le cours de leur vie dans l’incursion poético-historique Carré Saint-Louis, une histoire populaire.

Est convoquée une pléthore de créateurs, morts et vifs, qui témoignent de leur attachement à ce carré urbain, petit cousin américain de la place du Tertre à Paris. Du monument Gaston Miron à l’incontournable Gérald Godin, en passant par Louise Latraverse, Claude Gingras, Denise Boucher ou Paule Baillargeon, les confidences passées et présentes fusent, pleines de chaleur à l’égard de ce lieu de convergence de la bohème comme des indépendantistes. D’autres noms défilent encore : Gilbert Langevin, Pauline Julien, Réjean Ducharme… Le vénérable parc verra même défiler un immortel en Dany Laferrière. Son Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer sera le premier livre que Françoise Careil mettra en vitrine de sa respectée Librairie du square.

Au fur et à mesure que les souvenirs de chacun se débobinent, le carré aux lignes victoriennes prend singulièrement forme, tel un personnage à part entière. Hélène Choquette ne force rien, elle préfère l’accumulation douce qui lui permet d’étendre les racines du parc jusqu’à sa marge. Sans jamais pourtant en sortir, livrant ici une bien jolie hagiographie, sans plus.

 

Carré Saint-Louis, une histoire populaire

ICI Radio-Canada Télé, samedi, 22 h 30