«Mal élevés»: manifeste du chasseur

On démystifie la chasse, tentant de faire lever ce voile d’incompréhension jeté sur une pratique qui, au fond, n’est pas si morbide que ça.
Photo: Radio-Canada On démystifie la chasse, tentant de faire lever ce voile d’incompréhension jeté sur une pratique qui, au fond, n’est pas si morbide que ça.

« Tueurs » ? « Meurtriers » ? « Psychopathes » ? Une chose est sûre : les chasseurs n’ont pas la cote. Les mouvements antispécistes, surtout en ligne, gagnent en traction et, de plus en plus, on voit monter un malaise général quant à la place des armes à feu dans notre société. Mais de là à diaboliser le chasseur, alors qu’une grande majorité d’entre nous n’est pas végétarienne ou végane et que les abattoirs, en conséquence, fonctionnent à plein régime, il y a autre chose, une sorte d’hypocrisie, une bien-pensance que décrit le chasseur-réalisateur Danic Champoux dans son documentaire Mal élevés.

Le noeud du problème, c’est que « le chasseur rappelle au monde que la mort existe », affirme le cinéaste. Et on a un malaise avec la mort. Face aux comptoirs réfrigérés, on oublie trop facilement qu’une poitrine de poulet désossée, nettoyée de toutes traces de son origine animale, a déjà fait partie (eh oui !) d’un poulet bien vivant. La chasse, contrairement à l’épicerie, nous rapproche de la nature et des animaux, soutient Champoux.

Il nous emmène donc à la chasse au plus petit gibier, comme le canard, mais aussi à celle à de plus gros animaux sauvages, comme le cerf de Virginie et l’orignal. On nous y présente sa famille et ses amis, et leur amour commun de la forêt. Et on y démystifie la chose, tentant de faire lever ce voile d’incompréhension jeté sur une pratique qui, au fond, n’est pas si morbide que ça.

Pamphlétaire, Mal élevés ne convaincra aucun militant végane, que Champoux qualifie avec véhémence « d’ayatollahs ». Et le reportage confortera certainement le chasseur dans ses convictions. Mais peut-être intéressera-t-il le curieux qui souhaite se faire une idée.

 

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Mal élevés

RDI, jeudi, 20 h (Grands reportages) ; puis en rattrapage sur Tou.tv