«Cerebrum»: au moment de sa disparition

Claude Legault incarne Henri Lacombe, un psychiatre de renom.
Photo: Fabrice Gaëtan Claude Legault incarne Henri Lacombe, un psychiatre de renom.

Porté par le désir de renouveler son art et son savoir, l’auteur et plus que jamais réalisateur Richard Blaimert livrera dès jeudi sur l’Extra de Tou.tv sa nouvelle série « un peu atypique » Cerebrum, un hybride entre le suspense psychologique et l’enquête policière. L’aperçu dévoilé mardi aux médias laisse entrevoir une production bien ficelée, à la fois troublante, intrigante et amusante.

Richard Blaimert, à qui l’on doit notamment Hubert et Fanny, Nouvelle adresse et Les hauts et les bas de Sophie Paquin, a créé pour les dix épisodes d’une heure de Cerebrum un chapelet de quelque 40 personnages, dont plusieurs se dévoilent dans les deux premiers épisodes montrés à la presse. Aux premiers abords, l’afflux peut être un peu étourdissant, mais rapidement l’histoire prend racine, les personnalités s’ancrent et leur potentiel rôle dans l’intrigue titille.

Cette histoire est à la base celle d’un couple formé du psychiatre de renom Henri Lacombe, joué par Claude Legault, et de la psychologue Anne Beaulieu, interprétée par Evelyne de la Chenelière. Le couple, un peu usé par les années et ses horaires de ministres, a aussi du mal avec ses deux enfants, joués par Henri Picard et Marianne Verville.

Dès les premières scènes, on sent que le personnage d’Anne est mystérieux, voire tourmenté. Elle invite son mari à souper le soir même pour discuter, mais elle ne se rendra jamais au rendez-vous et restera introuvable. À partir de là, la policière Simone Vallier (Christine Beaulieu) entre en scène pour trouver le cerveau derrière la disparition de la mère de famille.

C’est là la prémisse de Cerebrum, qui se nourrit aussi beaucoup de l’histoire de plusieurs des patients du couple — aussi dysfonctionnels qu’attachants, notamment l’étrange obsédée jouée par Linda Sorgini et la jeune troublée Nina, portée magnifiquement par Éléonore Loiselle.

Le cerveau dans la mire

Cinq épisodes de Cerebrum ont été réalisés par Guy Édoin, mais les quatre premiers segments ainsi que la finale sont l’oeuvre de Blaimert lui-même. Ce dernier a par le passé réalisé trois épisodes d’Hubert et Fanny et deux de Nouvelle adresse. « Mais c’est la première fois que je démarre une série, expliquait mardi celui qui dit se voir encore comme le “p’tit cul des Éboulements”. Égoïstement, j’apprends un nouveau métier à 54 ans et c’est formidable. […] Ça me sortait de mes souliers et ça me permettait d’apprendre quelque chose, d’aller vite. Tu participes au casting, aux choix de couleur ; c’est ta vision. »

C’est Blaimert qui a aussi insisté auprès des productrices pour conserver son titre un peu solennel ou austère, y ajoutant même l’image d’un scan de cerveau.

« Mais c’est une série sur le cerveau. Tous les choix de personnages, tous leurs comportements sont basés sur le fait qu’il y a quelque chose dans leur cerveau qui ne fonctionne pas bien, insiste-t-il. Ce n’est pas clair, le cerveau ? C’est de là que viennent tous nos problèmes, nos anxiétés. »

J’essaie d’écrire quelque chose d’honnête, d’humain, de touchant, de bouleversant, et j’espère que les gens vont vivre quelque chose

En trame de fond de Cerebrum, et même si c’est une fiction, il y a l’enjeu de la santé mentale des Québécois qui remonte à la surface et qui fait réfléchir. Mais ce n’est pas là un objectif premier de Blaimert. « J’essaie d’écrire quelque chose d’honnête, d’humain, de touchant, de bouleversant, et j’espère que les gens vont vivre quelque chose. Si je faisais du documentaire, ce serait différent. Mais bon, peut-être que oui, les gens voudront s’occuper d’eux-mêmes avec une série comme ça. »

LE COURRIER DES ÉCRANS

Le courrier des écrans. Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands, vus par nos journalistes cette semaine. Inscrivez-vous, c'est gratuit.


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront le 5 septembre 2019.