L’AQPM déplore un manque de productions créées au Canada

La série «Riverdale» de Netflix a été tournée à Vancouver, mais c’est une œuvre américaine, souligne la présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique, Hélène Messier.
Photo: Netflix La série «Riverdale» de Netflix a été tournée à Vancouver, mais c’est une œuvre américaine, souligne la présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique, Hélène Messier.

Au premier anniversaire de l’entente entre le géant Netflix et le Canada, le service de diffusion en ligne a affirmé dans un communiqué qu’il « est en voie de dépasser le demi-milliard de dollars d’investissements promis ». Mais l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) estime que Netflix devrait investir davantage dans des productions issues des créateurs canadiens au lieu de tourner des projets internationaux au pays.

La présidente-directrice générale de l’AQPM, Hélène Messier, reste à convaincre quant à l’impact réel de Netflix dans l’industrie d’ici. « On peut se réjouir que Netflix continue de dépenser de l’argent en production au Canada, dit-elle. Mais je dirais qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil par rapport à ce qu’ils faisaient déjà. Ce qu’ils doivent faire, c’est investir plus dans des productions originales qui proviennent de créateurs canadiens. »

Mme Messier donne l’exemple de la série Riverdale, tournée à Vancouver, mais qui reste une oeuvre américaine. « C’est du tournage de service au Canada comme on en fait pour plein de grands studios américains qui viennent tourner à Montréal et dans les autres régions canadiennes. Pour nous, ce qui a un réel impact, c’est de ne pas juste avoir des équipes de techniciens canadiens qui travaillent sur des productions internationales, mais avoir du contenu canadien qui est produit ici. »

En septembre dernier, Netflix s’était engagé à créer une maison de production canadienne qui investirait au moins 500 millions de dollars dans des productions locales durant les cinq années suivantes. C’est la Loi sur Investissement Canada qui encadre cette opération.

Aucune promesse n’avait été faite sur la part du contenu francophone, mais le géant américain avait promis d’investir une autre enveloppe de 25 millions dans une « stratégie de développement du marché pour le contenu et la production francophone ».

Retombées

Un an plus tard, l’entreprise qui compte 130 millions d’abonnés dans le monde estime que son investissement « se traduit par des retombées économiques directes, par exemple du travail pour des producteurs, des réalisateurs, des auteurs, des acteurs et des équipes de tournage au Canada ».

Concrètement, Netflix a tissé en avril des liens avec l’Institut national de l’image et du son (INIS) en finançant un programme destiné aux communautés autochtones et culturelles. En mai, le diffuseur en ligne a aussi investi dans un programme de perfectionnement en scénarisation de comédie à l’École nationale de l’humour. Puis en juillet, on apprenait que huit humoristes canadiens, dont quatre Québécois, feraient partie d’une série de monologues diffusés sur la plateforme en 2019.

« La passion qu’ont ces organisations pour aider à la croissance et à la diversification de la prochaine génération de créateurs canadiens, c’est ce qui nous inspire et nous sommes honorés de soutenir leur développement », lance Netflix dans son communiqué.

En entrevue au Globe and Mail vendredi, le vice-président aux acquisitions de contenu de Netflix, Larry Tanz, a déclaré que l’industrie audiovisuelle canadienne s’était rapidement adaptée aux exigences du marché international, et qu’elle allait continuer de jouer un rôle clé dans la stratégie de la compagnie.


Netflix paiera la « taxe vidéo » en France

L’entreprise américaine Netflix a annoncé vendredi s’être implantée en France en ouvrant un bureau à Paris. Du même coup, le diffuseur en ligne a accepté de verser 2 % de ses revenus générés dans l’Hexagone au Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). La France a adopté l’année dernière un décret forçant les plateformes étrangères à payer une taxe qui, selon le CNC, « va permettre de financer la création selon le modèle de l’exception culturelle française ». Devant des journalistes français, le patron de Netflix a dit que l’entreprise voulait devenir « un bon citoyen européen ». À la lecture de cette déclaration, l’Association québécoise de la production médiatique a dit espérer « que l’entreprise deviendra bientôt aussi un bon citoyen canadien ».

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