«Vanity Fair»: l’opportuniste

Cette nouvelle relecture de «Vanity Fair», une somptueuse série britannique en sept épisodes, ne réinvente pas l’œuvre originale.
Photo: CBC Cette nouvelle relecture de «Vanity Fair», une somptueuse série britannique en sept épisodes, ne réinvente pas l’œuvre originale.

Sept films et six séries télé : c’est la somme des adaptations à l’écran du roman phare de William Thackeray, qui raconte la vie tumultueuse de l’ambitieuse Becky Sharp, une jeune femme sans le sou, mais prête à tout pour gravir l’échelle sociale de la société anglaise du début de XIXe siècle. Il faut dire que cette critique sociale grinçante à travers le destin d’une opportuniste sans vergogne ne perd malheureusement pas de sa pertinence avec le temps, l’ambition dévorante étant toujours une tare plutôt bien vue.

Cette nouvelle relecture de Vanity Fair, une somptueuse série britannique en sept épisodes, produite par ITV et Amazon que CBC relaie avec un décalage de quelques semaines, ne réinvente pas l’oeuvre originale, comme le faisait l’adaptation de Mira Nair en 2004, qui proposait une Becky innocente et bien intentionnée.

L’héroïne — ou plutôt l’antihéroïne — de cette version, incarnée avec fougue et un plaisir évident par Olivia Cooke (Ready Player One, Me, Earl and the Dying Girl), tente par tous les moyens de tirer son épingle du jeu dans ce terrain de jeu miné que constitue la haute société britannique pour une jeune femme aux origines françaises durant les guerres napoléoniennes.

L’auteure de l’adaptation, Gwyneth Hughes, et le réalisateur James Strong (Broadchurch, Doctor Who) exploitent d’ailleurs habilement la métaphore de la foire en laissant Thackeray lui-même (personnifié par Michael Palin des Monty Python) introduire cet univers où « chacun cherche à obtenir ce qu’il ne vaut pas la peine d’avoir ». Il suffit de le suivre pour comprendre que ce récit planté au XIXe siècle reste résolument actuel.

Vanity Fair

CBC, mercredi, 21 h