Guylaine Tremblay renoue avec l’humour et TVA

Un duo mère-fille étonnant: Anne-Élisabeth Bossé donnera la réplique à Guylaine Tremblay.
Photo: TVA Un duo mère-fille étonnant: Anne-Élisabeth Bossé donnera la réplique à Guylaine Tremblay.

Aux prises avec une mère envahissante nouvellement déménagée à Montréal, Chloé (Anne-Élisabeth Bossé) tente tant bien que mal de gérer sa vie de jeune trentenaire flanquée de son frère Fred (Mickaël Gouin) que sa mère avoue préférer. « Toutes les mères ont un enfant avec qui elles ont plus d’affinités, c’est normal », raconte franchement Danielle, la mère, interprétée par Guylaine Tremblay.

Inspirée par un voyage à Las Vegas qu’Anne-Élisabeth Bossé a effectué avec sa mère à l’occasion des 60 ans de celle-ci, l’écriture de cette série de dix épisodes, que l’on pourra voir dès le 8 janvier à TVA, a été confiée à l’auteure Rafaële Germain (Les bobos, Info, sexe et mensonges). En tout cas marque aussi le grand retour de Guylaine Tremblay dans une comédie, 17 ans après Histoires de filles. « On ne m’avait pas offert de comédie depuis longtemps. Il faut aussi que t’assumes le genre d’écriture que l’on te propose. Et moi, l’écriture de Rafaële, j’assumais complètement », confie la comédienne.

Réalisé par François Jaros (L’âge adulte) et produit par Casablanca (Les invincibles, Série noire), En tout cas se veut une comédie sincère, dans laquelle on peut reconnaître nos mères, nos soeurs, nos frères. Malgré l’humour caustique bien présent dans l’écriture de Rafaële Germain, l’affection que se portent les membres de la famille transparaît toujours grâce à la chimie entre les comédiens. « Je voulais parler de l’insupportable et du nécessaire, de l’intolérable et de l’essentiel. C’est ça, cette relation-là, raconte l’idéatrice du projet, Anne-Élisabeth Bossé. Ce n’est pas une relation que tu peux jeter par-dessus bord. C’est un lien tellement fort. C’est comme une histoire d’amour impossible. »

Un grand défi

Impossible de passer sous silence l’impressionnante distribution qui défilera tout au long de la saison. On pourra entre autres apercevoir au fil des épisodes Clémence DesRochers, Sophie Desmarais, Yves Jacques, Sophie Faucher, Yan England, en plus de Laurence Leboeuf et de Diane Lavallée dans un duo mère-fille. Cette impressionnante brochette de comédiens sera parvenue à ouvrir un nouveau champ de création pour Rafaële Germain, elle qui en est à sa première série télé. « C’était très exigeant, mais très le fun de développer ces personnages-là. Une fois qu’on a su qui étaient les comédiens, c’était comme un rêve. Avec du monde comme ça, c’est comme du bonbon. Même que l’on en écrivait beaucoup trop. On réécrivait les rôles, on beurrait plus épais. » Un défi également pour Guylaine Tremblay, qui passe ici du drame à la comédie. « Quand tu joues du drame, c’est toi qui imposes le rythme. En comédie, c’est elle [l’auteure] qui impose son rythme. Il y a une énergie qui est demandée par le texte. Toi, on s’en fout de ton rythme intérieur. Il faut que tu sois d’une rigueur absolue. Jouer de la comédie, ça demande autant de vérité, sinon plus que de jouer un drame. C’est plus exigeant », explique-t-elle.

Si En tout cas peut faire penser au premier regard à une réponse à la série radio-canadienne Lâcher prise avec la relation mère-fille trouble qu’elle met en scène, on réalise rapidement que le ton est ailleurs. À travers une succession de malaises créés par la candeur de cette mère face à son arrivée dans la métropole, En tout cas aborde avec brio des sujets sociaux comme la vision qu’ont les régions de Montréal, les nombreuses difficultés des relations intergénérationnelles, ou encore nos rapports à la technologie ou à l’immigration, comme dans cette scène entre Danielle (Guylaine Tremblay) et un chauffeur de taxi d’origine marocaine.

« Elle n’est pas raciste, elle veut savoir. Elle veut comprendre. C’est intéressant d’aborder tous ces sujets-là à travers ces femmes-là. Elle dit tout ce qu’elle pense, elle pose toutes les questions qu’elle considère bonnes à poser », souligne Guylaine Tremblay. « Il ne fallait pas que la mère ait l’air d’une petite niaiseuse. Il ne fallait pas qu’elle ait peur du métro et compagnie. Crime, elles ont cinquante-soixante ans, elles ne sont pas mortes », lance Anne-Élisabeth Bossé.

On voit de plus en plus souvent des parents se rapprocher de leurs enfants à l’âge de la retraite, alors que le « 60 ans » est souvent perçu comme le nouveau 50. « Elle adore l’énergie d’une grande ville, elle veut tout essayer. Elle mord dans la vie autant que ses enfants qui ont 30 ans, conclut Guylaine Tremblay. Je trouve ça réjouissant qu’on montre une femme comme ça en pleine possession de ses moyens. »