Éric Salvail retiré des ondes après des allégations d'inconduites sexuelles

L'animateur Éric Salvail
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L'animateur Éric Salvail

Se disant « fortement ébranlé » par les allégations d’inconduite sexuelle formulées contre lui, l’animateur et producteur Éric Salvail prend une « pause professionnelle ». La chaîne V suspend quant à elle la diffusion de l'émission En mode Salvail.
 

Cette décision est survenue dans la foulée de nombreuses allégations rapportées mercredi dans le quotidien La Presse. Onze personnes ont raconté aux journalistes du quotidien — 10 sous le couvert de l’anonymat, mais un a accepté que son nom soit publié — avoir subi des inconduites sexuelles, ou en avoir été témoins, de la part du populaire animateur Éric Salvail.

Depuis, son émission de télévision En mode Salvail et celle qu’il animait à la radio, Éric et les Fantastiques, ont été suspendues.
 

« J'aborde cette situation avec énormément d’empathie pour tous ceux et celles à qui j’aurais pu causer un malaise ou quelque forme de préjudice que ce soit. Je n’ai jamais eu l’intention d’indisposer quiconque », écrit l’homme âgé de 48 ans dans une courte déclaration publiée sur sa page Facebook.
 

 

L'animateur, très présent sur la scène artistique québécoise, souligne qu’il va prendre une pause de quelques jours afin de faire le point sur les événements.

Mercredi matin, Groupe V Média a décidé de suspendre l’émission En mode Salvail des ondes de son réseau de télévision dès mercredi pour une période indéterminée, à la suite des allégations visant son animateur.

L’entreprise évalue également présentement sa relation d’affaires avec la maison de production Salvail & Co, et, dans un communiqué, écrit qu’elle n’émettra aucun autre commentaire pour le moment.

Depuis, la page Web de l’émission En mode Salvail a été retirée.

M. Salvail a aussi été suspendu de son rôle d’animateur de l’émission Éric et les Fantastiques, diffusée sur les ondes de Rouge FM, jusqu’à nouvel ordre. L’émission va être remplacée par une autre.

La société Radio-Canada réévalue elle aussi ses liens d'affaire avec l'animateur et producteur, disant « prendre très au sérieux » les allégations qui pèsent contre lui. les La société d'État a précisé dans un communiqué qu'« aucune plainte n'a été formulée contre Monsieur Salvail à la direction de Radio-Canada. Le cas échéant, celles-ci auraient été traitées avec le plus grand sérieux conformément à nos politiques. »

Le transporteur aérien Air Transat, qui avait lancé un concours « Direction en mode Salvail avec Air Transat », le maintient pour ne pas priver les gagnants de leur prix, dit-il, mais a décidé d’annuler la présence d’Éric Salvail à l’activité promotionnelle prévue.

Les supermarchés Métro ont aussi décidé de suspendre leur entente publicitaire avec l’animateur et producteur Éric Salvail.

Aucune des allégations contre Éric Salvail n’a été prouvée devant un tribunal.


Réactions des politiciens

Réagissant aux allégations, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a déclaré qu’il est temps que les harceleurs sachent que leurs comportements inacceptables ne resteront pas impunis.

Questionné à ce sujet mercredi matin dans les couloirs de l’Assemblée nationale, M. Lisée a tenu à saluer l’homme qui a fait la dénonciation à visage découvert.

Il estime de plus que M. Salvail doit avoir l’occasion de donner sa version des faits.

« Mais je pense qu’on est dans une époque où la pression doit être renversée et que les harceleurs et les présumés harceleurs doivent être complètement sur la défensive et savoir que ces comportements sont inacceptables et vont être dénoncés et vont avoir des conséquences », a déclaré le chef.

Et si c’est le cas, on va avoir fait un « gain social majeur », estime-t-il.

La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a aussi rappelé que toute personne a droit à la présomption d’innocence.

Elle a toutefois qualifié les actes rapportés dans les allégations de « révoltants ».

La ministre estime aussi qu’il est crucial que les victimes puissent dénoncer si elles le souhaitent, mais qu’il ne faut pas les forcer. « Il faut encourager les victimes d’actes à aller chercher de l’aide », et il faut qu’il y ait des ressources, a-t-elle poursuivi.

Le maire de Montréal Denis Coderre a déclaré « qu’Éric est un ami ». Il s’est toutefois dit « assez troublé, voire bouleversé et un peu révolté » devant les allégations, prenant soin de rappeler que toute personne a droit à la présomption d’innocence.

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7 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 18 octobre 2017 11 h 38

    Commentaires complaisants..


    Pas possible de lire tous les commentaires complaisants sur la page Facebook d'Éric Salvail. Lui-même, parle au conditionnel comme s'il n'était pas au courant des propres gestes qu'il a posés.

    Ça donne une idée du niveau de moralité et d'éthique des fans de ce champion des émissions kétaines au Québec.

    Christian Montmarquette

    • Raymond Chalifoux - Abonné 18 octobre 2017 12 h 56

      ".. ce champion des émissions kétaines au Québec."

      Ça ajoute quoi à la nouvelle et à la discussion? La goutte de fiel habituelle signée Montmarquette.

    • Louise Collette - Abonnée 18 octobre 2017 17 h 09

      Mais c'est vrai que c'est quétaine, ça vole au ras des pâquerettes ces émissions-là...

    • Donald Bordeleau - Abonné 18 octobre 2017 23 h 09

      La corruption n'est pas puni, mais l'agression sexuelle est criminel. Chercher l'erreur.

      Les journalistes d'enquêtes ont demandés à Jean-Marc Fourien s'il avait été informer en 2012 de la situation que Sklavounos avait les mains baladeuses.

      Le harcèlement et les agressions sexuelles en milieu de travail tuent des carrières comme à la CDPDJ, comme les exemples aussi qui soulèvent des attitudes rétrogrades de Barette, de Tétreault, de Paradis, de Sklavounos.

      De Marcel Aubut, de Salvail et de Rozon: bien sure des allégations comme tous les autres mais il y a peu de poursuite finalement pour ces personnes près du pouvoir.

      En fait dans toutes les situations de harcèlement et d'agressions sexuelles, les victimes Subissent une expérience extrêmement traumatisante pouvant laisser de très importantes séquelles psychologiques par peur des représailles.

      Il faut un courage considérable à la victime pour surmonter ses sentiments de terreur, de culpabilité et de honte avant d'oser entamer une démarche de plainte. Certaines victimes n'osent pas parler en raison des conséquences pour leur travail ou famille.

      En fait une motion qui ne fera pas de changement.

      Chacun pourrait faire un petit stage dans un des Calacs, il pourrait savoir que la culture du silence doit être placé au cœur du débat pour dévoiler les traumatises que les femmes, les enfants et les hommes subissent dans notre milieu.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 18 octobre 2017 13 h 54

    … ?!? …

    « Groupe V Média a décidé de suspendre l’émission En mode Salvail des ondes de son réseau de télévision V dès mercredi pour une période indéterminée » (La Presse canadienne)

    De cette décision, étonnante dans les circonstances ?, il est à espérer que le présumé « fauteur » soit en mesure de se responsabiliser sinon …

    … ?!? … - 18 oct 2017 -

  • Jean-Pierre Audet - Abonné 18 octobre 2017 14 h 53

    Hommes abusés eux aussi

    J'ai beau défendre la cause féministe depuis plus de quarante ans, je comprends que des hommes aussi bien que des femmes peuvent être abusés sexuellement tant par des hommes que par des femmes. Il faut alors prendre leurs dénonciations au sérieux, surtout lorsqu'elles sont faites à visage découvert.

  • Tristan Roy - Abonné 18 octobre 2017 18 h 10

    Ébranlé

    On le serait à moins. C'est surtout le retrait de ses commanditaires qui a dû l'ébranler en fait.