Sur un bateau bohème

Dans «Les aventuriers de l’art moderne», on présente les protagonistes dans un mélange d’images d’archives, de photos colorisées et d’illustrations originales.
Photo: Source ARTV Dans «Les aventuriers de l’art moderne», on présente les protagonistes dans un mélange d’images d’archives, de photos colorisées et d’illustrations originales.

Il y a l’art, il y a l’histoire de l’art, et il y a la production hybride Les aventuriers de l’art moderne, formidable série en six épisodes entremêlant les deux disciplines avec un souffle créatif qui semble inépuisable. Adaptée d’une volumineuse trilogie de l’écrivain français Dan Franck — Bohèmes, Libertad ! et Minuit, rééditée par Grasset l’automne dernier en un seul tome sous le titre Le temps des Bohèmes —, cette oeuvre européenne achetée par Artv raconte, comme une histoire, le Paris du XXe siècle par le truchement de ses artistes féconds et obstinés, qui deviendront les porte-étendard d’une société en plein renouveau culturel.

Méticuleuse réalisation

Ce qui fait la magie du documentaire, c’est la réalisation méticuleuse. On y met en scène les protagonistes (Picasso, Apollinaire, Braque, Matisse, Max Jacob, etc.) dans un mélange d’images d’archives, de photos colorisées et d’illustrations originales animées parfois superposées au réel — sorte de décalquage légèrement (et volontairement) décalé. Le ton fait lui aussi marque : tout en clins d’oeil irrévérencieux sur les scandales, les moeurs, les mille métiers parallèles et le tempérament vif des artistes ou des écrivains, il s’amuse aussi du métissage culturel qui a nourri leurs oeuvres.

Le premier épisode, qui s’ouvre sur l’Exposition universelle de 1900, nous mène jusqu’à l’éclosion du cubisme en passant, avec grande inventivité, par les icônes de l’époque : le « havre » du Bateau-Lavoir, le Lapin agile comme moteur de l’effervescence intellectuelle, l’atelier comme zone contestataire de l’académisme. Parfois jalouses, parfois dépassées par leur ego, leurs gouffres sentimentaux ou même leurs propres oeuvres, les têtes fortes de l’art nous apparaissent ici profondément humaines.


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Les aventuriers de l’art moderne

Artv, les lundis à 23 h, du 11 avril jusqu’au 16 mai