La mesure écologique de l’urgence

Au commencement de tout : c’est là que nous ramène Planète Océan, un documentaire coréalisé par le photographe et réalisateur français Yann Arthus-Bertrand, mieux connu pour son livre La Terre vue du ciel. Engagé depuis des années pour protéger la biodiversité, on ne s’étonne pas du ton militant qu’il prend ici pour expliquer, au moyen d’images éblouissantes, de séquences-chocs et de statistiques déconcertantes, l’impact qu’a l’être humain sur les fragiles écosystèmes marins. Et, ce faisant, sur l’ensemble du cycle de la vie.

 

« Comment en suis-je venu à ne plus voir ce qui m’entoure ? » Narré à la première personne du singulier par le réalisateur, le documentaire pose d’entrée de jeu cette question, opposant les deux entités au coeur du combat : cet humain dont on parlait, désormais au nombre inquiétant de sept milliards, et la nature originelle, épuisée, malmenée par la croissance exponentielle de l’ère moderne.

 

L’intérêt de Planète Océan, au-delà de sa maîtrise technique, réside dans sa vulgarisation minutieuse de l’évolution terrestre et des enjeux autour de la gestion des océans. Après un portrait général de la mécanique des écosystèmes, le documentaire enchaîne avec les conséquences biologiques de la pêche intensive, des forages de pétrole et du réchauffement climatique. Un seul et même engrenage.

 

Constamment ballotté entre le macro et le microscopique, depuis le haut des airs jusqu’au néant des abysses, le spectateur réceptif trouvera dans Planète Océan de quoi alimenter sa curiosité scientifique autant que sa soif de justice environnementale et sociale. Et comme aucun témoignage autre que l’image ne vient appuyer la narration et ses constats, la réflexion va de soi.

 

« Tout ce qui m’entoure subit mon existence », assène le documentaire en finale. Triste constat ? Appel à l’action ? À quelques jours du dépôt de la deuxième partie du cinquième rapportd’évaluation du GIEC, voyons-y une occasion de remettre, encore une fois, quelques pendules à l’heure.

Planète Océan

Explora, 22 h