Sandy empêche les Ballets jazz de Montréal de se produire à New York

À situation extraordinaire, remède étonnant. L’ouragan Sandy aura emporté sur son passage les sept représentations new-yorkaises des Ballets jazz de Montréal (BJM Danse), prévues la semaine dernière au Joyce Theater. Une crise pour la troupe montréalaise… finalement résorbée par la directrice du théâtre.

« Tous les spectacles ont été annulés, confirmait lundi depuis Montréal Jay Rankin, directeur général de BJM Danse, qui faisait un retour dans la Grosse Pomme après cinq ans d’absence, avec le triple programme de son 40e anniversaire - Zero in On, Night Box et Harry. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’ils [la direction du théâtre] nous ont quand même versé les cachets. Ils sont très très généreux. »


« C’est un cas de force majeure, mais il faut les payer », renchérissait lundi au Devoir Linda Shelton, directrice du Joyce Theater, jointe à Manhattan lundi après-midi, premier jour de retour plus ou moins à la normale. « On trouvera plus tard comment éponger nos pertes. »


Le ton las en disait long sur la fatigue des émotions traversées. Le théâtre de 500 places estime avoir perdu plusieurs centaines de milliers de dollars dans l’aventure. Les dommages au bâtiment demeurent limités, mais les pertes en revenus de billetterie et autres grèvent sévèrement sa saison.


Plusieurs lieux de diffusion artistiques ont dû annuler leurs activités dans la dernière semaine. Des galeries ont été inondées, ce qui a endommagé sérieusement les collections. On s’affaire partout à évaluer les dommages.


L’électricité est revenue vendredi soir dans la métropole américaine. Mais le métro ne fonctionnait toujours pas. Et les communications (téléphones cellulaires, comme l’accès aux bases de données informatiques) demeuraient, sinon rompues, bien difficiles. Si bien que la direction du Joyce s’est vue contrainte d’annuler même les deux dernières représentations possibles de la troupe.


En retour, le hasard veut qu’une fenêtre de diffusion se soit libérée en décembre au Joyce Theater - habituellement complet pour la saison bouclée longtemps d’avance -, ce qui permettrait à la compagnie québécoise de monter finalement sur les planches new-yorkaises. La décision sera prise sous peu. « Le Joyce pense que les BJM est la compagnie idéale pour vendre des billets en décembre », rapporte M. Rankin. Vrai qu’elle est reconnue là-bas comme une feel good company.


L’équipe de BJM Danse quitte New York ce mardi pour la Californie, point de départ d’une tournée de six villes de la côte ouest.