«Thor. Amour et tonnerre»: «Un chaos aussi beau que fou»

C’est le retour de Jane Foster, jouée par Natalie Portman, dans «Thor». La scientifique et le dieu, dont le coup de foudre s’est terminé en queue de poisson, se retrouvent face à face et côte à côte. Et presque dans les mêmes souliers.
Photo: Jasin Boland Marvel Studios C’est le retour de Jane Foster, jouée par Natalie Portman, dans «Thor». La scientifique et le dieu, dont le coup de foudre s’est terminé en queue de poisson, se retrouvent face à face et côte à côte. Et presque dans les mêmes souliers.

La dernière fois que l’on a vu Thor dans l’Univers cinématographique Marvel (UCM), il avait perdu son royaume, son père, son marteau et même son physique (de dieu). À la fin d’Avengers: Endgame d’Anthony et Joe Russo, il coupait tous les ponts et décollait en compagnie des Gardiens de la galaxie vers de nouvelles aventures.

Mais le réalisateur néo-zélandais Taika Waititi avait d’autres plans pour le personnage. Avec Thor. Amour et tonnerre (V.F. de Thor: Love and Thunder), il ramène le dieu du tonnerre joué par Chris Hemsworth sur la voie pétaradante de l’humour et de couleurs explorée dans Thor: Ragnarok. Et en rajoute. Si le premier film était l’équivalent d’un disque pop rock des années 1980, le deuxième serait le pendant d’un album métal de la même décennie.

C’est le ton du film. C’était celui du tournage, affirmait Chris Hemsworth lors d’une conférence de presse virtuelle : « Tourner avec Taika, c’est le chaos. Un chaos aussi beau que fou. Un voyage d’exploration et de découverte de soi, une traversée amusante et farfelue. Et puis, il y a de la musique, tout le temps. Et Taika est là, debout derrière la caméra, à rigoler et à ruiner la plupart des prises », raconte en riant le géant australien.

En 11 ans, il s’est glissé sept fois dans la peau du dieu nordique. Love and Thunder sera la huitième et marquera un jalon dans l’UCM : Thor est le premier superhéros de l’écurie Marvel à faire l’objet d’un quatrième film solo. « Il a beaucoup changé depuis sa première apparition [dans le shakespearien Thor, de Kenneth Branagh], mais j’ai changé moi aussi. » D’après l’acteur, aujourd’hui, Thor lui ressemble plus que lui ne ressemble au personnage. Le rapport de force s’est inversé, « de façon amusante, j’espère », fait-il, l’oeil brillant de l’éclat de celui qui ne se prend pas au sérieux. Complice, Taika Waititi abonde son sens : « Chris est quelqu’un sur qui on peut compter, avec qui on a envie de partir à l’aventure. C’est ce Chris que je veux voir à l’écran et qui fait que Thor est de plus en plus Chris. »

Les producteurs cherchaient quelqu’un qui n’est pas fiable, qui est solitaire, inquiétant, que personne n’a envie de croiser. Et ils ont trouvé Bale!

À leur contact, même l’habituellement intense Christian Bale lâche prise sur la retenue, louant la façon dont Taika Waititi « arrive à faire aller la comédie et la tragédie main dans la main ». Parce que drames il y a. On ne s’étonnera pas qu’il en soit le porteur. Mais avant ça, la victime.

Tuer les immortels

 

L’interprète de Batman dans la trilogie de Chris Nolan endosse ici le rôle de Gorr, le massacreur de dieux. Chauve, hâve, peau couturée de cicatrices et marquée de tatouages, il est aussi effrayant que pathétique. « Les producteurs cherchaient quelqu’un qui n’est pas fiable, qui est solitaire, inquiétant, que personne n’a envie de croiser. Et ils ont trouvé Bale ! » note l’acteur, sourire en coin. Homme pieux à l’origine, le personnage a été témoin de multiples morts et tragédies qui ont laissé les dieux indifférents. Ayant mis la main sur une arme faite de pure noirceur, il se lance dans une quête funeste pour débarrasser l’univers de ces immortels. Ainsi sa route croise-t-elle celle de Thor.

Aux côtés du dieu blond, on retrouve Korg, l’ineffable humanoïde de pierre auquel Taika Waititi prête sa voix et son attitude (grâce à la capture de mouvements). La Valkyrie reprend aussi du service, elle qui est devenue roi du village de New Asgard : « Elle a été soldate pendant des milliers d’années, rappelle son interprète, Tessa Thompson. Et prise dans ce genre de bureaucratie, elle s’ennuie du champ de bataille » et saute avec bonheur dans l’arène.

Enfin, c’est le retour de Jane Foster, jouée par Natalie Portman, dans Thor. La scientifique et le dieu, dont le coup de foudre s’est terminé en queue de poisson, se retrouvent face à face et côte à côte. Et presque dans les mêmes souliers : détruit dans Ragnarok, le tout-puissant marteau Mjöllnir répond à l’appel de Jane et fait d’elle Mighty Thor. Pour cela, Natalie Portman s’est entraînée pendant des mois afin de gagner en carrure. Mais il y a des limites à ce que lever de la fonte peut faire. « Je suis reconnaissante à toute l’équipe, qui a osé confier à une actrice de 1 m 60 le rôle d’un personnage qui fait 1 m 90 ! »

Bien sûr, comme tout film de l’UCM, cette 29e entrée fait beaucoup jaser dans le cyberespace. Elles courent, elles courent, les rumeurs. Cette conférence de presse détendue et le visionnement du long métrage ont permis de régler le cas de deux d’entre elles : non, la danse de Gorr imaginée par Waititi et Bale ne se retrouve pas à l’écran (zut !) ; mais, oui, les fesses de Hemsworth y font une apparition (remarquée).

Thor. Amour et tonnerre(V.F. de Thor: Love and Thunder)

Comédie d’aventure de Taika Waititi. Avec Chris Hemsworth, Christian Bale, Natalie Portman, Tessa Thompson, Taika Waititi. États-Unis, 2022,119 minutes. En salle le 8 juillet.

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