Décès du cinéaste Danic Champoux

Danic Champoux a marqué le paysage cinématographique québécois des deux dernières décennies.
Photo: ONF Danic Champoux a marqué le paysage cinématographique québécois des deux dernières décennies.

Le cinéaste documentaire Danic Champoux est décédé vendredi à l’âge de 45 ans. Un départ hâtif pour ce créateur qui tirait son inspiration du cinéma direct tout en plaçant l’humain à l’avant-plan.

« Il est parti trop tôt, il avait d’autres choses à raconter. On va devoir se passer de son regard unique sur la société, ça va laisser un trou dans le Québec », laisse tomber la gorge nouée Patrick Fauquembergue, collaborateur et ami de longue date du réalisateur.

La pandémie l’a fragilisé, et il est retombé dans ses addictions, qui le suivaient depuis longtemps, explique au téléphone Patrick Fauquembergue. « La toxicomanie a eu raison de lui. »

Danic Champoux a signé plusieurs œuvres, dont CHSLD, Mon Amour (2020), mis en nomination aux Gémeaux, La fille du cratère (2019), et Mom et moi (2011). Il était reconnu pour ses films déstabilisants et sa grande humanité.

Il est parti trop tôt, il avait d’autres choses à raconter. On va devoir se passer de son regard unique sur la société.

 

Le documentariste est également à l’origine de la websérie d’Urbania Fragments, histoires à partager. Des récits personnels d’une dizaine de minutes dans la même veine que son film Autoportrait sans moi (2014), avec un décor tout aussi dépouillé pour laisser place aux témoignages.

En 2001, son premier film, Mon père, avait été récompensé du prestigieux prix Pierre-et-Yolande-Perrault lors des Rendez-vous Québec cinéma.

 

Une marque à jamais

« Danic a laissé sa trace au Québec : ses films et le ton unique de ses œuvres marqueront la culture québécoise pour longtemps », peut-on lire dans une déclaration de son attachée de presse.

Plusieurs acteurs du milieu du cinéma ont également partagé, samedi, leurs condoléances sur les réseaux sociaux, tout en soulignant « la trace » que laisse l’artiste derrière lui.

Hugo Latulippe, cinéaste documentaire comme le fut Danic Champoux, a souligné la profonde authenticité qui animait son regretté collègue. « Documenter, immortaliser, des petits morceaux de vie authentique. Et les sauver de la disparition. Tu faisais ça avec talent, Danic. Avec humanité. Plus ça allait, plus tu le faisais avec doigté », écrit-il sur sa page Facebook.

« Cinéaste au regard bienveillant et lumineux, il aura fait sa marque en réalisant plus d’une quinzaine de documentaires primés », souligne l’Office national du film (ONF) du Canada sur Twitter.

« À l’ONF, nous sommes très affectés par la perte soudaine d’un cinéaste unique, toujours animé par un désir profond d’explorer l’humain et la société par le cinéma. Nous avions un projet en développement avec Danic. Son écoute, son approche et son regard, attentifs autant à l’intime qu’au collectif, vont nous manquer », a déclaré dans un communiqué Nathalie Cloutier, productrice exécutive du Studio documentaire du Québec et de la francophonie canadienne et acadienne de l’ONF.

Avec Jean-Louis Bordeleau

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