«Belfast», choix du public, «Titane» plébiscité dans la catégorie Midnight Madness

Belfast de Kenneth Branagh
Photo: Gracieuseté TIFF Belfast de Kenneth Branagh

C’est le film britannique acclamé Belfast de Kenneth Branagh qui a remporté samedi soir le convoité prix du public au 46e TIFF. Depuis plusieurs années, ce laurier est précurseur d’importants Oscars dans sa foulée. Le film donnait l’affiche entre autres à Jamie Dornan, Judi Dench et Caitriona Balfe dans une œuvre en noir et blanc sur l’histoire d’un garçon pris dans le tumulte des conflits irlandais au cours des années 60. Le cœur des votants balançait entre Belfast, The Power of the Dog de Jane Campion et le plus local Scarborough de Sasha Nakhai et Rich Williamson sur les enfants négligés d’un quartier de Toronto. Le puissant Titane, de la Française Julia Ducournau, palmé d’or à Cannes, récoltait de son côté le prix du public dans la section Midnight Madness.

Côté documentaire, c’est The Rescue d’Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chan, sur le sauvetage des enfants égarés dans la grotte de Tham Luang en Thaïlande en 2018, qui reçut la faveur des festivaliers. Le prix du meilleur film canadien est allé à l’excellent Ste. Anne de la réalisatrice métis Rhayne Vermette du Manitoba, avec mention spéciale à Scarborough.

Yuni de l’Indonésienne Kamila Andini sur une jeune fille prise entre traditions et révolte, fut plébiscité dans la catégorie Plateforme. Plusieurs cinéastes femmes étaient honorées samedi. L’édition avait été faste de leur côté.

Des prix hommage étaient rendus samedi au cinéaste Québécois Denis Villeneuve, très remarqué avec son Dune, à Alanis Obomsawin qui avait fait l’objet d’une importante rétrospective ainsi qu’à la cinéaste Métis Danis Goulet (Night Raiders). Tout comme à l’actrice américaine Jessica Chastain, à l’acteur britannique Benedict Cumberbatch, au directeur photo Ari Wegner ainsi qu’un hommage spécial à la chanteuse Dionne Warwick.

Ce 46e TIFF, mi dématérialisée, mi avec projections et rencontres in situ, aura roulé comme ci comme ça, quant au reste. Sous l’assaut du variant Delta et la montée de la Mostra de Venise, grande tribune de primeurs phares plus que jamais, le rendez-vous de la Ville-Reine cherchait son lustre et son souffle.

Le festival s’est clôturé sur un film délicieux du maître Zhang Yimou. One Second avait subi un an plus tôt la censure du gouvernement chinois. On ignore quelles scènes furent retirées ou ajoutées dans la version finale. Reste que cette ode à l’amour du cinéma, vrai Cinema Paradiso chinois, demeure formidable. Au cours de la Révolution Culturelle, dans un village rural, cette histoire où s’entrecroisent un évadé d’un camp de travail désirant voir l’image de sa fille sur pellicule, une orpheline délurée qui croise sans cesse sa route et un projectionniste de films de propagandes communiste, s’adjoint d’un regard ironique sur le maoïsme. En prime, des plans magnifiques du désert de Gobi et les interprétations suaves de Zhang Yi, Liu Haocun et Fan Wei dans un faux mélo et un vrai retour sur les endoctrinements passés.

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