Ces films qu’on devrait voir d’ici l'été

On a hâte que les cinéphiles découvrent le remarquable «Souterrain», de Sophie Dupuis («Chien de garde»), campé dans le domaine des mines et tourné dans le Val-d’Or natal de la cinéaste.
Photo: Axia Films On a hâte que les cinéphiles découvrent le remarquable «Souterrain», de Sophie Dupuis («Chien de garde»), campé dans le domaine des mines et tourné dans le Val-d’Or natal de la cinéaste.

En pandémie, l’industrie cinématographique a été complètement chamboulée, comme bien d’autres. Au Québec, les cinémas demeurent fermés, et qui sait quand ils rouvriront. Au printemps, comme les fleurs ? Sous toutes réserves, certains titres se font accoler une date de sortie en salle, tandis que d’autres sont voués à avoir leur première en visionnement en continu ou sur demande. Sur les diverses plateformes, une profusion de films sont attendus. C’est dire que d’ici l’hypothétique saison des bourgeons, il y aura beaucoup à voir.

Entre les perles festivalières et les gros canons hollywoodiens, il y aura non seulement matière à distraction, mais à émerveillement. Qui dit mieux ?

Quantité de ces « canons hollywoodiens » proviennent de Warner Bros. En décembre dernier, l’annonce par le studio que toutes ses productions 2020-2021 sortiraient simultanément sur sa plateforme HBO Max et dans les salles (le cas échéant) a causé une onde de choc. Dune, de Denis Villeneuve, est du lot, mais des rumeurs circulent au sujet d’une possible exception en faveur d’une sortie au cinéma. Quoi qu’il en soit, la très attendue superproduction de science-fiction ne paraîtra qu’en octobre 2021.

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D’ici là, Crave (et d’autres plateformes de vidéo sur demande sans doute) devrait relayer chez nous, comme ce fut le cas récemment pour Wonder Woman 1984 et The Witches, des films attendus comme The Little Things (Johnny Lee Hancock ; 29 janvier), drame policier mettant en vedette Denzel Washington, Rami Malek et Jared Leto, Godzilla vs.Kong (Adam Wingard ; 26 mars), troisième opus de la saga redémarrée en 2017, et The Conjuring : God Made Me DoIt (Michael Chaves ; 4 juin), autre suite, celle-là des (més)aventures surnaturelles de Lorraine et Ed Warren.

Pour The Matrix 4, c’est encore loin : on parle des Fêtes. 

Netflix, Prime et Disney

Géant du visionnement en continu (streaming), Netflix a pour sa part fait savoir il y a quelques semaines que sa plateforme offrirait au moins un nouveau film par semaine. Plusieurs de ces productions maison mettront en vedettes des stars jusqu’ici davantage associées au grand écran : signe des temps.

Là encore, l’intimisme côtoiera le spectaculaire, selon les goûts et l’humeur. Par exemple, le drame historique The Dig (Simon Stone ; 29 janvier), sur la découverte de cimetières médiévaux sur les terres d’Edith Pretty en 1939, promet un pas de deux feutré entre Carey Mulligan et Ralph Fiennes, tandis que la comédie satirique Don’t Look Up (Adam McKay ; à déterminer), avec Jennifer Lawrence, Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, Meryl Streep et Timothée Chalamet, devrait être plus pétaradante.

Date « à déterminer » également pour le suspense The Woman in the Window (Joe Wright), avec Amy Adams, une production à problèmes qui ne cesse d’être reportée depuis sa complétion en 2019.

Du côté d’Amazon Prime, difficile de savoir ce qui s’en vient au-delà du mois suivant. Ainsi, à quand la sortie d’Annette, la comédie musicale de Leos Carax avec Adam Driver et Marion Cotillard ? Mystère.

Parmi les productions Prime dont on connaît d’ores et déjà la date de sortie, la plus attendue est sans conteste Coming 2 America (Craig Brewer ; 5 mars). Rachetée à Paramount Pictures pour la coquette somme de 125 millions de dollars, cette suite de Coming to America (Un prince à New York) conte les nouvelles péripéties du prince Akeem qui, à la veille de devenir roi du royaume de Zamunda, retourne à New York en apprenant qu’il y a un fils dont il ignorait jusque-là l’existence.

En 2020 chez Disney, on a sorti sur la plateforme Disney+, plutôt qu’en salle, des films comme Mulan et Soul, et on remettra ça avec le film d’animation Raya and the Last Dragon (Don Hall et Carlos López Estrada ; 5 mars). Toutefois, on garde pour les cinémas l’essentiel du catalogue 2020-2021, comme les nouveaux films devant venir enrichir le lucratif Univers cinématographique Marvel (MCU), à commencer par Black Widow (Cate Shortland ; 7 mai), où Scarlett Johansson reprend son célèbre rôle.

Les subséquents Shang-Chi and the Legend of the TenRingset The Eternalsont été pour leur part reportés à l’été et à l’automne 2021. Et encore, faut-il le rappeler, toutes ces dates ne sont pas coulées dans le béton.

Québécois et français

Même cas de figure d’un sort lié à celui des cinémas pour la vaste majorité des films québécois mis sur la glace par la pandémie. On a hâte que les cinéphiles découvrent le remarquable Souterrain, de Sophie Dupuis (Chien de garde), campé dans le domaine des mines et tourné dans le Val-d’Or natal de la cinéaste.

Quant au Maria Chapdelaine de Sébastien Pilote (Le vendeur, La disparition des lucioles), d’après le classique du terroir, l’impatience est à son comble. Ces deux films prendraient l’affiche peu après une réouverture des salles, comme le confiaient leurs distributeurs respectifs au Devoir tout récemment.

Sans oublier Le club Vinland Benoît Pilon ; 12 février), Tu te souviendras de moi (Éric Tessier ; 19 mars), La contemplation du mystère (Albéric Aurtenèche ; à déterminer), Les vieux chums (Claude Gagnon ; à déterminer)… Présenté en ouverture du Festival de Berlin, My Salinger Year, de Philippe Falardeau, est pour l’heure lui aussi réservé pour les salles.

Les films français ne manquent pas, comme le succès Antoinette dans les Cévennes (Caroline Vignal) ou l’autobiographique Seize printemps (Suzanne Lindon), tous deux prévus en mai, idéalement au cinéma — trois mots qui prennent de plus en plus valeur de mantra.
 



Ce texte a été modifié après publication.

 

Ça se bouscule chez les indépendants

Le cinéma indépendant ne sera pas en reste, tant s’en faut. Il faut dire que le nombre de films reportés depuis l’an dernier est important. On signalera le drame d’horreur psychologique Saint Maud (Rose Glass ; 12 février), sur une infirmière pieuse convaincue que sa patiente est possédée, The Father (Florian Zeller), drame sur l’Alzheimer pour lequel on prédit une nomination aux Oscar à Anthony Hopkins, et French Exit (Azazel Jacobs), qui pourrait quant à lui valoir une nomination à Michelle Pfeiffer, épatante paraît-il en mondaine déchue (notre photo). Pour peu que les cinémas rouvrent, ces deux derniers titres paraîtront cet hiver.