Un accueil tiède pour le film de Denys Arcand en France

Denys Arcand et deux des principaux acteurs de «La chute de l’empire américain», Alexandre Landry et Maripier Morin, lors de la première française du film à Paris le 12 février dernier
Photo: François Mori Associated Press Denys Arcand et deux des principaux acteurs de «La chute de l’empire américain», Alexandre Landry et Maripier Morin, lors de la première française du film à Paris le 12 février dernier

En pleine révolte des gilets jaunes, La chute de l’empire américain ne pouvait pas mieux tomber. Alors que le film de Denys Arcand est sorti mercredi dernier dans plus d’une vingtaine de salles de la région parisienne, celui que le magazine Télérama surnomme le « cinéaste de l’effondrement de nos sociétés modernes » a fait la tournée des plateaux. Trente-trois ans après l’extraordinaire succès du Déclin de l’empire américain, Denys Arcand demeure (avec Xavier Dolan) le cinéaste québécois le plus connu en France.

Sa comédie grinçante sur le thème de l’argent se taille pour l’instant un beau succès critique. Télérama y a vu « un réjouissant film d’arnaque, dans le fond comme dans la forme » ainsi qu’« un scénario à tiroir plein de trouvailles ». Pour l’hebdomadaire culturel, la dérision d’Arcand transpire « jusque dans l’esthétique » et ses images de « luxueuse série télé ».

Le premier quotidien national français, Le Figaro, salue quant à lui « une comédie fine, grinçante et très drôle » où la bande de pieds nickelés qu’Arcand met en scène offre « des personnages complexes, parfois hauts en couleur ». Il y a « beaucoup de sagesse dans cette comédie mâtinée de polar aux airs de pamphlet », conclut le journal.

Sans se laisser abuser par la publicité qui présente La chute… comme le dernier épisode d’une trilogie qui comprendrait Le déclin de l’empire américain et Les invasions barbares, le quotidien économique Les Échos salue « un thriller mêlant guerre des gangs et micmacs financiers qui parle de notre temps ».

Mi-figue mi-raisin

Comme d’habitude, la presse française n’est évidemment pas unanime. Le critique du Monde n’a vu dans cette fable qu’une « comédie policière pleine de bons sentiments » et une « intrigue convenue et désuète ». La revue Première souligne quant à elle « l’art de l’ironie », mais déplore une « réalisation sans relief ».

À l’opposé, le quotidien La Croix n’annonce rien de moins que « le grand retour de Denys Arcand » avec un « film virevoltant, où son goût pour les dialogues brillants, caustiques et percutants retrouve du mordant au contact de situations absurdes et hilarantes ». Le critique souligne « le plaisir » évident que prend le cinéaste « à filmer ses acteurs ». Même son de cloche du côté de L’Humanité, qui évoque « un mélange de polar, de comédie et de drame social aux fins d’une satire politique de haute volée ». Plus mitigé, L’Express évoque un film « difficile à cerner », mais dont « la pertinence du propos et l’humour pince-sans-rire hissent ce troisième épisode pas loin du niveau des deux premiers ».

Alors que de nombreux ronds-points de province sont toujours occupés, le film s’est aussi attiré les louanges de la presse régionale. Celle-ci ne tarit pas d’éloges pour ce « brûlot extrêmement drôle » (La Voix du Nord) qui parle du « grondement des modestes » (Le Populaire) et où, « pour une fois, l’ordre du monde est inversé au bénéfice des plus pauvres » (Sud-Ouest).

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