Les flâneurs

Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Image: Le Devoir Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Odile Tremblay

Les triplés de New York
Ce documentaire est devenu un des incontournables de l’été. Three Identical Strangers de l’Américain Tim Wardle (présenté avec ou sans sous-titres français), primé à Sundance, pourrait bien monter haut aux Oscar. L’Académie peinera, chose certaine, à trouver une meilleure histoire (avec virage à mi-parcours) que celle de ces triplés new-yorkais adoptés dans des familles différentes et réunis au hasard de leur adolescence en 1980. Tant de questions éthiques sont soulevées ici que le rôle d’éclaireur de consciences du genre documentaire y atteint un vertigineux sommet.


Philippe Papineau

L'autoroute des vacances
Avec son livre En camping-car (Seuil), paru cet hiver, l’auteur français Ivan Jablonka nous plonge dans ses souvenirs de vacances estivales, qui se sont déroulées pendant plusieurs années en famille dans un camping-car. On navigue avec lui en Westfalia au Portugal, en Grèce, au Maroc, mais le récit a un ton plus proche de l’essai que du guide touristique. La notion de liberté est au coeur du livre, tout comme celle d’une certaine obligation au bonheur, causée par le drame de l’Holocauste qui a marqué le père et les grands-parents de l’auteur. Une bonne lecture avant de prendre la route, et qui nourrit les rêves et les réflexions.

 


Louise-Maude Rioux Soucy

Tu seras une femme, ma fille
Voilà quelques jours qu’elle illuminait de sa crinière rouge les nouveautés Netflix. Impossible de résister plus longtemps au charme explosif de cette Lady Bird. À l’écriture et à la caméra, Greta Gerwig fait de ce portrait d’adolescente un film décalé, frais et profond à la fois. Saoirse Ronan y est renversante d’authenticité en Christine, alias Lady Bird, qui cherche à s’émanciper d’une mère que son petit-ami qualifie de « chaleureuse » ET « effrayante ». Incarnée par Laurie Metcalf, celle-ci éblouit dans ce pas de deux où la seconde ne rêve que d’une chose pour la première : « qu’elle soit la meilleure version possible [d’elle]-même ».


Jérôme Delgado

Une prodigieuse lecture qui prend fin
Avec ses quatre tomes et 2000 pages, c’est le genre de roman qui nous fait rater notre station de métro. Mais on peut aussi faire durer le plaisir. Alors me voilà, bien après vous, dans l’épilogue « Vieillesse » de L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante. Quelle chronique, quand même, dont je retiendrai davantage le portrait social que les romances des protagonistes. Seul regret : ne pas lire l’italien, ni le « dialecte » napolitain, ce qui m’aurait évité la traduction franchouillarde et ses drôles de mots. Ragnagna ? Avez-vous, franchement, déjà utilisé ce terme ?