«Tag»: les copains d’abord

C’est l’enthousiasme contagieux des acteurs et la chimie régnant entre eux qui relèvent cette comédie sympathique et vivante.
Photo: Warner Bros. Pictures C’est l’enthousiasme contagieux des acteurs et la chimie régnant entre eux qui relèvent cette comédie sympathique et vivante.

Chaque mois de mai depuis trente ans, Hoagie (Ed Helms) et sa bande, Callahan (Jon Hamm), Randy (Jake Johnson), Sable (Hannibal Buress) et Jerry (Jeremy Renner), jouent à « la tag ». Ayant appris que ce dernier, qui n’a jamais été « tagué », est sur le point de se marier dans un endroit tenu secret, Hoagie rameute ses amis pour enfin le coincer. Se joignent à la meute sa plus que compétitive femme Anna (Isla Fisher) et Rebecca (Annabelle Wallis), journaliste devant faire un portrait de Callahan, prospère homme d’affaires.

Athlète de haut niveau et fin stratège, Jerry réserve à ses camarades plus que leur lot de surprises. En plus de compter sur le soutien de sa future épouse Susan (Leslie Bibb), il a appelé en renfort Cheryl (Rashida Jones), qui produit toujours autant d’effet sur Callahan et Randy. Parcours urbains, filatures costumées, entrée par effraction, course en voiturettes de golf, jeu de cache-cache en forêt : les adulescents ne reculent devant rien pour se passer la « tag ».

Pour le plus grand plaisir du spectateur, Jeff Tomsic, rompu aux spectacles d’humour pour la télé, orchestre ces amusantes poursuites comme il le ferait pour un film d’action, avec effets de ralenti et montage effréné. L’effet est particulièrement réussi lorsque Randy, constamment sous l’influence du cannabis, est à l’avant-plan. Quant à Jeremy Renner, qui dévoile un suave côté pince-sans-rire, son stage chez les Avengers, où il incarne l’archer Hawkeye, a porté ses fruits puisqu’il a hérité des scènes les plus spectaculaires.

Quand ils ne sont pas occupés à se courir les uns après les autres, les personnages s’échangent des répliques qui font mouche la plupart du temps. Ed Helms, aussi peu reposant que dans la franchise Hangover, Jon Hamm, toujours aussi élégant, et Isla Fisher, féroce et survoltée, n’ont aucune difficulté à s’imposer dans cet univers où l’humour est sagement irrévérencieux. On regrette que le personnage décalé de Sable n’ait pas été mieux exploité, de même que les protagonistes féminines, qui manquent de piquant ; la journaliste n’a droit qu’à une seule réplique mordante !

Plus que les cascades loufoques, c’est l’enthousiasme contagieux des acteurs et la chimie régnant entre eux qui relèvent cette comédie sympathique et vivante inspirée d’un fait vécu. Oui, vous avez bien lu ! En janvier 2013 paraissait dans le très sérieux Wall Street Journal un article de Russel Adams, « It Takes Planning, Caution to Avoid Being It », à propos d’un groupe d’hommes qui jouaient à la « tag » depuis 23 ans. Avant le générique de fin défilent par ailleurs quelques clips où l’on voit les joyeux lurons en pleine action.

Malheureusement, les scénaristes Rob McKittrick et Mark Stellen ont cru bon d’ajouter à Tag une rasade de bons sentiments — un peu plus et ils sortaient les gros violons. De cette façon, le tout souffre d’une sérieuse baisse de régime au dernier acte, lequel se termine sur une exaspérante note mélo et prêchi-prêcha. Aurait-on voulu tuer dans l’oeuf l’idée de lancer une nouvelle franchise ?

Tag

★★ 1/2

Comédie de Jeff Tomsic. Avec Ed Helms, Jon Hamm, Jake Johnson et Hannibal Buress. États-Unis, 2018, 100 minutes.