«Métamorphose»: la Terre, pour le meilleur et pour le pire

Les réalisateurs sont notamment allés rencontrer, à Milan, un architecte constructeur de «forêts verticales», des gratte-ciel entourés d’arbres jusqu’au ciel.
Photo: ONF Les réalisateurs sont notamment allés rencontrer, à Milan, un architecte constructeur de «forêts verticales», des gratte-ciel entourés d’arbres jusqu’au ciel.

Ils ont l’oeil pour voir la Terre, sous ses angles les plus beaux et les plus durs. Et dans ce regard qui se pose parfois sur des scènes d’apocalypse liées aux changements climatiques, il y a toujours un espoir. C’est à l’aide d’images magnifiques que les réalisateurs Velcrow Ripper et Nova Ami abordent les questions de gestion de l’eau, de récupération des déchets et de survie des espèces dans le documentaire Métamorphose, coproduit par l’ONF, Clique Pictures et Transparent films, qui s’est donné pour mission de changer le monde à travers des longs métrages documentaires.

Le film s’ouvre en évoquant le mythe de Protée, ce dieu de la mythologie grecque qui avait le pouvoir de se métamorphoser. Mais Protée n’avait recours à ce pouvoir qu’en cas de nécessité.

Sur les images d’une chenille se préparant à se transformer en papillon, les narrateurs font référence à la capacité des humains de s’adapter aux changements à venir, notamment en matière d’environnement.

Or, ce changement est incontournable, disent tant les auteurs que les nombreuses personnes interrogées dans le film, si l’humanité veut subsister sur terre à l’avenir.

Certains constats sont affolants. On aborde par exemple le fait que 80 % du récif corallien des Caraïbes a disparu. « Cet univers sous-marin, on ne le voit pas, alors on le néglige », dit un intervenant. Ou que les inondations frappent une ville comme Venise de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps. Ou encore que la ville de São Paulo, au Brésil, est menacée de manquer d’eau alors qu’elle est située dans un pays qui abrite 13 % de l’eau douce du globe.

À partir de là, ce film, toujours superbement tourné, nous propose différentes ébauches de solutions, produits d’initiatives citoyennes. C’est ainsi que, dans la région de Phoenix, en Arizona, également menacée de pénurie d’eau mais où les piscines abondent, on rencontre les fondateurs de Garden Pool. Cet organisme propose de transformer la piscine en un jardin, où on peut à la fois faire pousser des légumes, élever des poissons et des poules et recycler toute l’eau utilisée. Avec ce système, on arrive à récupérer 96 % de l’eau utilisée en agriculture, soutiennent les organisateurs de Garden Pool.

À Milan, on rencontre un architecte constructeur de « forêts verticales », des gratte-ciel entourés d’arbres jusqu’au ciel. En Californie, les représentants de Grid Alternatives permettent la conversion des immeubles à l’énergie solaire pour les ménages à faible revenu. Toujours en Californie, on rencontre les fondateurs de Walking Water, qui marchent dans la vallée de l’Owens, dans les environs de Los Angeles, pour conscientiser la population aux politiques dévastatrices de gestion de l’eau de la région. Aussi, les sculptures sous-marines de l’artiste anglais Jason deCaires nous conscientisent à la force et à la fragilité de la vie sous l’eau.

Un film à voir absolument, et à mûrir longuement.

Métamorphose

★★★ 1/2

Documentaire de Nova Ami et Velcrow Ripper. Canada, 2018, 85 minutes. Au Cinéma du Parc à Montréal et au cinéma Cartier à Québec dès le 1er juin.