«Juste la fin du monde» de Dolan, choix du Canada aux Oscar

<p>Pour Xavier Dolan, de retour à Montréal après un bref séjour en France où il faisait la promotion du film, cette annonce <em>«vient avec autant de bonheur que d’espoir».</em></p>
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Pour Xavier Dolan, de retour à Montréal après un bref séjour en France où il faisait la promotion du film, cette annonce «vient avec autant de bonheur que d’espoir».

C’est le film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde, lauréat du Grand prix du jury à Cannes, qui est retenu par le Canada pour représenter le pays dans la course au meilleur film en langue étrangère aux Oscar.

Le jeune cinéaste, après le marathon de sa tournée promotionnelle en France, s’est déclaré ravi à l’annonce de la nouvelle: « On me confie une responsabilité pour satisfaire les attentes. Ça vient avec autant de bonheur que d’espoir. » La tournée américaine lui permettra d’aborder par la bande son prochain film John F. Donovan, aux stars américaines « en approchant, dit-il, un terrain un peu inconnu ».
 

Le long-métrage est une adaptation de la pièce éponyme du dramaturge français Jean-Luc Lagarce qui raconte l’après-midi d’un jeune auteur qui, après 12 ans d’absence, retourne dans son village natal afin d’annoncer aux siens sa mort prochaine. Le film met en vedette plusieurs grands noms du cinéma français, soit Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux et Vincent Cassel. Il a pris l’affiche mercredi au Québec.

Critiques mitigées

Juste la fin du monde avait été accueilli avec des critiques mitigées à Cannes, les médias américains ayant été particulièrement durs avec le film. Xavier Dolan ne craint pas pour autant d’avoir de la difficulté à plaire au public américain lors de l’opération séduction pré-Oscar qu’il s’apprête à mener au sud de la frontière.

« Cette annonce aujourd’hui et cette nouvelle, c’est complètement autre chose », a-t-il avancé.

« Il y a tellement d’Américains, tellement de journalistes, tellement de gens qui n’ont pas vu le film aux États-Unis qu’il faut le leur faire découvrir et qu’ils se fassent eux-mêmes une tête. Je pense qu’il est très clair pour la plupart d’entre nous que Cannes est un événement et une célébration du cinéma bien à part et assez insulaire. »

La présence de Marion Cotillard, qui connaît une belle carrière aux États-Unis, contribuera sans doute aussi à susciter l’intérêt des Américains pour le film. Le réalisateur espère d’ailleurs qu’elle sera disponible pour en faire la promotion, et la productrice Nancy Grant est convaincue qu’elle ne se laissera pas prier pour le faire.

« Si Marion est libre, assurément, elle va venir défendre le film. Je n’ai jamais vu des acteurs aussi fans de leur travail avec leur réalisateur », a-t-elle lancé.
 

Juste la fin du monde est la troisième œuvre de Xavier Dolan à représenter le Canada dans la course aux nominations pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, après J’ai tué ma mère en 2009 et Mommy en 2014.
 

Le cinéaste québécois saura en décembre si Juste la fin du monde sera sélectionné parmi la courte liste de neuf films choisis parmi l’ensemble des candidats pour la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Parmi ceux-ci, cinq titres seront officiellement mis en nomination en janvier 2017. En 2015, 81 pays avaient soumis un long métrage.

Sélection canadienne


Dans l’histoire des Oscar, huit films canadiens se sont retrouvés en nomination officielle dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère, dont Rebelle de Kim Nguyen en 2013, Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau en 2012 et Incendies de Denis Villeneuve en 2011.

Trois films de Denys Arcand ont également été nommés : Le déclin de l’empire américain en 1987, Jésus de Montréal en 1990 et Les invasions barbares en 2004, le seul film canadien à avoir remporté la statuette dans cette catégorie.

1 commentaire
  • Raymond Labelle - Abonné 23 septembre 2016 15 h 39

    La contribution française est prépondérante dans ce film...

    ...s'il gagnait, les deux pays pourraient faire cocorico.