Raz-de-marée pour «Mommy», de Xavier Dolan

Un vrai raz-de-marée ! Neuf lauriers au Mommy de Xavier Dolan, dimanche à Toronto, aux Écrans canadiens : meilleur film, meilleure réalisation au wonder boy québécois, meilleur scénario, meilleur montage, meilleurs maquillages, meilleures images pour André Turpin.

Ajoutez le prix de la meilleure actrice à Anne Dorval pour son rôle de mère courage au nez de l’Américaine Julianne Moore en étoile sur le retour dans Maps to the Stars de Cronenberg (primée pour ce rôle à Cannes et présente à Toronto pour une remise de statuette). Le jeune Antoine Olivier Pilon en ado explosif fut sacré meilleur acteur, meilleure actrice de soutien à Suzanne Clément en voisine compatissante, meilleure actrice de soutien.

Mommy aura fait de l’ombre notamment à Maps to the stars (2 statuettes seulement sur 11 nominations : à John Cusack au meilleur acteur de soutien pour son rôle de gourou doucereux et à Howard Shore pour la meilleure musique).

Le Four Seasons Centre for the Performing Arts, durant le gala animé par Andrea Martin (actrice de My Big Fat Greek Wedding), s’était mis au parfum Mommy. Tu dors Nicole, de Stéphane Lafleur, et Henri Henri, de Martin Talbot, cinq fois cités, repartaient du coup bredouilles.

L’antichambre des Jutra

L’industrie du Canada anglais en prend souvent ombrage : les Écrans canadiens (qui succèdent aux Génie) se font l’antichambre des Jutra et, même s’ils célèbrent les talents du septième art d’un océan à l’autre, les oeuvres québécoises dominent le jeu. Elephant Song, de Charles Binamé, valait dimanche à Nicolas Billon le prix du meilleur scénario adapté (de sa propre pièce). Le merveilleux Jutra de Marie-Josée Saint-Pierre sur la vie du cinéaste d’À tout prendre, a remporté le prix du meilleur court métrage documentaire tandis que le sensible et amusant Ma Moulton et moi de Torill Kove, en nomination aux derniers Oscar, récoltait celui du meilleur court métrage d’animation.

Pompeii, gros péplum américano-germano-canadien de Paul W. S. Anderson, a du moins reçu cinq prix techniques, à la direction artistique et aux costumes notamment. Super Duper Alice Cooper, de Reginald Harkema, Sam Dunn et Scot McFadyen, hommage au célèbre rocker gothique, fut primé deux fois : au meilleur documentaire et au meilleur montage documentaire contre le très beau La marche à suivre, de Jean-François Caissy.

Sur ce, rendez-vous au Gala des Jutra le 15 mars.

2 commentaires
  • Pierre Brouillette - Inscrit 2 mars 2015 14 h 49

    L'argument ad populum.

    En appeler au jugement de la foule est le sophisme le plus connu d’une démarche persuasive. On affirme qu’une chose est juste puisqu’une masse critique de gens en parle. Le film Mommy est «le meilleur long métrage du gala pancanadien» peut-on lire ce matin dans les média. D’accord ! Par contre, tout le monde (ou la tradition) peut se tromper. Vous voulez des exemples? Des millions de gens ont cru que la terre était plate et immobile ou que la lumière des étoiles brillent à travers des trous dans le ciel. L'opinion de la majorité ne sera jamais une preuve. Qu’un film soit réussi ou non, c’est selon.

  • Nathalie Gascon - Abonnée 3 mars 2015 21 h 23

    Mommy

    c'est comme ça pour touts les films qui gagnent chaque annéeet même pour ceux que vous aimez !! et comme a dit le réalisateur de Birdman c'est le temps qui jugera si Mommy est vraiment un grand film.Quant à moi j'ai adoré le film et je suis contente qu'il ait gagné autant de prix. Nathalie Gascon