Le Québec en force aux prix Écrans canadiens

Lise Roy et Xavier Dolan dans une scène de <em>Tom à la ferme</em>.
Photo: Source FNC Lise Roy et Xavier Dolan dans une scène de Tom à la ferme.

Ce fut souvent écrit, démontré, salué : toutes proportions gardées, le Québec compte un nombre singulièrement élevé de cinéastes de talent. En témoigne une fois de plus l’annonce lundi des nominations aux prochains prix Écrans canadiens. En effet, 17 des 31 films cités sont des productions ou des coproductions québécoises. Enemy, de Denis Villeneuve, domine avec dix nominations.

 

Hormis Enemy, les films Tom à la ferme de Xavier Dolan, nommé huit fois, Gabrielle de Louise Archambault et Maïna de Michel Poulette, nommés six fois, Le démantèlement de Sébastien Pilote et
The F-Word de Michael Dowse, nommés cinq fois, se démarquent nettement. The Grand Seduction de Don McKellar et Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde de Daniel Roby aussi avec quatre nominations chacun. Amsterdam, Rouge sang, Upside Down, Triptyque, Whitewash, L’autre maison, Le météore, Roche papier ciseaux et La légende de Sarila sont également au nombre des oeuvres honorées d’une à trois nominations.

 

Signalons par ailleurs qu’Enemy, une histoire de double aux accents dostoïevskiens bien reçue par la critique au dernier Festival international du film de Toronto, Le démantèlement, un récit aux accents balzaciens celui-là sur un père éleveur de moutons qui se sacrifie pour ses filles, Tom à la ferme, adaptation prenante de la pièce de Michel Marc Bouchard, et The F-Word, où Daniel « Harry Potter » Radcliff se languit de désir pour sa meilleure amie, s’affronteront dans les catégories du meilleur film, de la meilleure réalisation, et du meilleur scénario.

 

Dans le volet télévision, seules les productions anglophones sont admissibles, quoique, là encore, plusieurs artistes et artisans québécois s’illustrent, dont François Arnaud pour la série The Borgias créée par Neil Jordan (Le cri des larmes, Entretien avec un vampire). Rappelons à cet égard que les prix Écrans canadiens sont le fruit d’un mariage de raison entre les prix Genie du cinéma canadien et Gemini de la télévision canadienne de langue anglaise (le Québec a ses Gémeaux), l’un et l’autre événements ayant peiné à s’imposer malgré leurs longévités respectives.

 

Les lauréats seront dévoilés le 9 mars à Toronto à l’occasion d’une cérémonie retransmise par le réseau CBC et animée pour une deuxième année consécutive par le comédien Martin Short (Trois amigos !, Le père de la mariée). L’an dernier, 786 000 téléspectateurs l’ont regardée d’un océan à l’autre. Modeste (le dernier gala des prix Gémeaux a été regardé par plus d’un million de téléspectateurs au Québec seulement), ce chiffre est néanmoins plus élevé que les scores combinés des défunts Genie et Gemini.