La photo mise en valeur au Musée McCord

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
Patinoire au port de Montréal, une photo prise par le photographe Alexander Henderson vers 1870
Photo: Musée McCord Patinoire au port de Montréal, une photo prise par le photographe Alexander Henderson vers 1870

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

Dans le cadre de son 100e anniversaire, l’établissement propose plusieurs expositions et événements spéciaux cet été. Tour d’horizon.

Alexander Henderson. Art et nature

 

Dès le 10 juin, le Musée McCord présentera pour la première fois une rétrospective consacrée au photographe canadien d’origine écossaise Alexander Henderson. L’établissement possède d’ailleurs la plus grande collection au monde des œuvres de l’artiste arrivé à Montréal en 1855.

Alors que les photographes de son époque se spécialisaient surtout dans les portraits, Henderson a plutôt tourné son objectif vers la nature canadienne. « On le considère comme l’un des premiers photographes de paysage au Canada », souligne Hélène Samson, conservatrice au Musée McCord. Il a ainsi capturé sur pellicule les environs de Montréal, des Laurentides, de l’Estrie et d’autres panoramas partout au pays.

En plus de faire connaître l’œuvre d’Alexander Henderson, l’exposition espère également amener une réflexion sur le point de vue colonial qu’il avait dans le cadre de son activité. « J’ai voulu mettre son travail dans le contexte historique et montrer comment sa vision est tributaire de sa position de favorisé, de colon britannique », explique Mme Samson.

Parallèlement à l’exposition, le Musée publiera un livre contenant des photos de l’artiste.

JJ Levine. Photographies queers

 

Les genres binaires traditionnels sont bousculés dans trois séries du photographe montréalais JJ Levine. Plus de 50 portraits mettent en scène des sujets queers dans la vie quotidienne. L’artiste a commencé son projet en 2006 et poursuit encore aujourd’hui son travail.

La première série, Queer portraits, reste inachevée à ce jour. Elle montre différents membres queers de l’entourage de JJ Levine dans leur milieu familial. L’image de l’affiche est d’ailleurs une photo inédite prise par JJ Levine spécialement pour l’exposition au Musée McCord.

Alone Time explore l’univers des couples hétérosexuels où un sujet interprète à la fois les personnages masculins et féminins. Pour ce faire, le photographe a combiné deux images en une seule grâce à la technologie numérique.

Finalement, la série Switch met en scène des couples hétérosexuels où chaque sujet se glisse dans la peau d’un homme, le temps d’une photo, et dans celle d’une femme sur une autre. « C’est fascinant parce qu’on se demande comment la même personne peut à la fois prendre une apparence masculine et féminine », explique Mme Samson.

Jusqu’au 18 septembre 2022

Niap. Piqutiapiit

 

Rendre hommage au travail d’autrefois des Inuites, c’est ce que Niap, originaire de Kuujjuaq, a voulu faire à travers sa pièce murale en perlage ancestral.

De son vrai nom Nancy Saunders, l’artiste en résidence au musée s’est inspirée de l’amauti, un manteau porté par les femmes du Grand Nord pour garder leur bébé avec elles. Sa création est la pièce maîtresse de l’exposition qui réunit différents outils traditionnellement utilisés par les Inuites pour confectionner leurs vêtements. Ainsi, le ulu, un couteau féminin, côtoie les grattoirs, aiguilles et dés à coudre dont usaient les Inuites pour leur habillement.

Jusqu’au 21 août 2022

Voix autochtones d’aujourd’hui. Savoir, trauma, résilience

L’exposition permanente du musée s’inscrit dans une optique de réconciliation en donnant la voix aux communautés autochtones de la province. Ainsi, on retrouve plus de 80 témoignages, de même que des vidéos de membres des 11 nations du Québec.

Divisée en trois temps, l’exposition se penche sur les savoirs ancestraux des Premières Nations, pour ensuite mettre en évidence les impacts du colonialisme sur les communautés, puis la résilience des peuples autochtones d’aujourd’hui.

L’établissement a sélectionné une centaine d’objets de sa collection avec une nouvelle approche. « C’est une façon d’aborder l’histoire et de donner la parole aux communautés. On veut montrer la complexité et la vivacité des communautés autochtones », précise la cheffe de l’action éducative, citoyenne et culturelle au Musée McCord, Maria-Luisa Romano.

Des événements tout l’été

Le musée soulignera la Journée nationale des peuples autochtones avec plusieurs activités au programme. Ainsi, des événements sur le jardin et les plantes utilisées par les Premières Nations auront lieu cet été.

 

La Forêt urbaine du musée proposera également une série de concerts d’artistes issus de la diversité, tous les mercredis midis.

Pour la famille, il y aura Prendre soin de ma ville, des ateliers qui amènent à réfléchir sur la question, ainsi que Prendre soin de nos histoires à Montréal, des ateliers de co-construction citoyenne s’adressant à un public de tout âge présenté en collaboration avec l’organisme Je suis Montréal, où les participants pourront découvrir des histoires des communautés chinoises, afro-descendantes et autochtones.

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