Des balades muséales en Montérégie cet été

Sophie Ginoux
Collaboration spéciale
Au Biophare,  les visiteurs peuvent se familiariser  avec la vie subaquatique  de la réserve de la biosphère du lac Saint-Pierre.
Michael Harding Au Biophare, les visiteurs peuvent se familiariser avec la vie subaquatique de la réserve de la biosphère du lac Saint-Pierre.

Ce texte fait partie du cahier spécial Culture Montérégie

On s’imagine souvent que les expositions et les activités muséales incontournables se trouvent dans les métropoles. Pourtant, le patrimoine de nos régions est d’une richesse insoupçonnée, et le dynamisme dont font preuve les structures régionales vaut vraiment le déplacement. Alors, en route pour les musées de la Montérégie !

Saviez-vous qu’il est possible de visiter plus de 40 musées, centres d’interprétation et sites historiques dans la région montérégienne ? Du plus grand musée ferroviaire au Canada, Exporail, à la Maison Félix-Leclerc, en passant par le Musée des Abénakis ou celui de la bière, il y en a pour tous les goûts.

Se dépayser au Biophare

 

Établi depuis 1992 au sein de la réserve mondiale de la biosphère du lac Saint-Pierre, reconnue par l’UNESCO, Biophare célèbre à la fois le patrimoine historique et le patrimoine naturel de cet immense territoire d’environ 500 kilomètres carrés situé entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières.

« Beaucoup de gens sont totalement dépaysés quand ils viennent ici. Ils ont l’impression de voyager très loin ! » indique la directrice générale, Anne-Marie Dulude.

Cette biologiste de formation et son équipe se sont donné pour mission de sensibiliser le public à cette réserve renfermant l’un des rares milieux humides préservés du pays, qui joue à la fois le rôle de filtre naturel pour le fleuve Saint-Laurent et celui d’abri pour une généreuse faune.

Afin de rendre hommage à ce majestueux territoire, Biophare dispose donc d’une exposition permanente mettant en relief sa biodiversité, mais également sa richesse archéologique, puisqu’il a été successivement l’hôte d’Iroquoiens, d’explorateurs français et anglais, puis partenaire de l’essor de la construction navale. Panneaux, artefacts et écofacts, installations, vidéos et maquette géante permettent de saisir l’essence de ce lieu.

« Nous travaillons la scénographie de nos expositions pour que les visiteurs s’y sentent enveloppés, immergés », confirme Mme Dulude. Ces derniers sont d’ailleurs aussi invités à découvrir une seconde présentation consacrée à l’importance de la construction navale et de la fabrication d’armes dans un décor reproduisant ces imposantes usines de la Deuxième Guerre mondiale. Une troisième exposition, temporaire, constituée de 42 photos et de 4 vidéos de la réserve au fil des saisons, complète l’offre intérieure de l’institution.

Mais le Biophare est tout aussi intéressant à visiter de l’extérieur. Le vaste parc qui l’entoure invite à la balade, étayé d’expositions temporaires ou d’animations littéraires ou jeunesse. Toutefois, l’activité à ne pas manquer, selon Mme Dulude, est celle de l’excursion nautique, d’une durée de trois heures, qui amène 12 passagers et un capitaine-guide à explorer la réserve et ses nombreux trésors et légendes. Une invitation au voyage qui ne se refuse pas.

Un petit musée qui voit grand

 

Saint-Hilaire n’est pas seulement le paradis des randonneurs et des amateurs de pommes. Cette terre a aussi été le fief de trois grands noms des arts visuels au Québec : Paul-Émile Borduas, Ozias Leduc et Jordi Bonet. C’est ce qui a conduit l’artiste André Michel, auquel on doit également la fondation du Musée régional de la Côte-Nord et de La Maison amérindienne, à travailler d’arrache-pied à la création d’un musée d’art qui a vu le jour en 1995.

Outre les œuvres de ces trois plasticiens, présentées au sein d’une exposition permanente et de deux maisons d’artistes dans lesquelles ils ont vécu, la collection du Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire recèle de petits bijoux d’art contemporain, actuels et de la relève. Sa stature régionale ne l’a pas non plus empêché d’accueillir au fil du temps des expositions de Jean Paul Riopelle, de Dali et même de Picasso !

On n’est donc pas trop surpris d’apprendre que l’artiste en lumière jusqu’au 12 juin prochain est Zïlon, un pionnier du street art québécois. Suivra par la suite, du 18 juin au 12 septembre, l’exposition D’une montagne à l’autre, constituée d’œuvres issues de l’échange culturel France-Québec.

« Nous privilégions la diversité des artistes, de grands noms et d’autres moins connus, explique André Michel. Saint-Hilaire est une ville de créateurs à mettre en valeur. Nous leur consacrons donc une place de choix sur nos murs, et nous organisons parallèlement des événements pour la relève, comme une Biennale du dessin. »

Une visite de ce musée est par conséquent synonyme de surprises, auxquelles l’institution greffe des activités (conférences, rencontres) et un grand pique-nique d’antan chaque mois de septembre. À découvrir !

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