«Surrender»: à New York, le voyage symbolique de Geneviève Cadieux

Geneviève Cadieux, «Ma mère», 1991-2020
Photo: Greg Carideo Geneviève Cadieux, «Ma mère», 1991-2020

Cela faisait plus de 20 ans que Geneviève Cadieux n’avait pas exposé à New York. La dernière fois, c’était en 2000, à l’Americas Society, pour une exposition commissariée par Stéphane Aquin, devenu depuis directeur du Musée des beaux-arts de Montréal. Cette fois-ci, c’est dans les espaces que la galerie Arsenal possède là-bas que l’artiste, qui travaille à Montréal, a installé neuf œuvres.

L’exposition Surrender s’organise autour d’une photo de la mère de l’artiste, prise en 1991, qui est placée comme un pendant à la photo d’une huître… Il faut dire que cette ancienne photo de sa mère est hors du commun, mystérieuse, inquiétante et belle à la fois. Une des perles du corpus de l’artiste. L’huître qui lui fait face apparaît alors comme le symbole de l’acte créateur, un peu comme le travail d’enfantement.

Cette idée de revenir sur des images ou des idées plus anciennes et de les réinsérer dans un corpus plus récent ou inédit est particulièrement forte. Cadieux avait déjà fait cela récemment au Centre d’exposition 1700 La Poste, à Montréal.

Le visiteur remarquera que cette expo se présente en fait comme un parcours dans l’œuvre de l’artiste ; d’autres références à des œuvres anciennes s’y révèlent, dont celle à sa création à propos du Petit Prince. Mais elle se veut aussi comme un voyage exploratoire, un peu comme le voyage de recherche que l’artiste fit, il y a quelques années, au Texas.

On démarre d’ailleurs sur l’image d’un Yucca brevifolia que l’on trouve dans le désert près de Marfa. L’expo est-elle comme un voyage émotionnel sur la création ?

« L’exposition commence en pleine nuit dans le désert de Marfa et se termine à l’aube avec Arbre seul sur le Ghost Range, à Santa Fe, au Nouveau-Mexique, cet endroit qui a tant inspiré Georgia O’Keeffe, dit la commissaire Anaïs Castro. Nous avions envie de transporter le visiteur le temps d’une nuit, lorsque le corps s’abandonne à l’esprit. D’où le titre de l’exposition, Surrender. »

Une expo d’une grande sensibilité, avec nombre de liens souterrains, et ce, même si nous ne sommes pas sûr que la forme de la galerie Arsenal à New York, qui est presque un long couloir, sied vraiment bien aux œuvres de Cadieux, qui demandent un important espace de dialogue.

Il est donc heureux d’apprendre que l’Arsenal NY déménagera bientôt dans des locaux plus grands. Dès l’automne prochain, elle sera située au-dessus du centre Artists Space, dans Tribeca, quartier qui s’affirme depuis quelques années comme le nouveau lieu effervescent pour les galeries d’art contemporain. Chelsea — avec ses galeries clinquantes — et le Lower East Side s’étiolant depuis déjà un bon bout de temps…

Surrender

De Geneviève Cadieux. Commissaire : Anaïs Castro. À l’Arsenal New York, jusqu’au 23 avril.

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