Des expositions pour tous les goûts à Ottawa

Catherine Couturier
Collaboration spéciale
L’exposition Cuisine bizarre + reste l’une des expositions les plus populaires au Musée des sciences et de la technologie du Canada.
Photo: Ingenium L’exposition Cuisine bizarre + reste l’une des expositions les plus populaires au Musée des sciences et de la technologie du Canada.

Ce texte fait partie du cahier spécial Musées

Après la pandémie et les manifestations, les musées à Ottawa accueillent de nouveau les visiteurs. Et si les calendriers des expositions temporaires ont souvent été bousculés dans les deux dernières années, on peut toujours compter sur les vastes expositions permanentes à voir dans la capitale.

Musée des sciences et de la technologie du Canada

 

« On oublie à quel point les expositions permanentes sont la base de nos musées », rappelle Lisa Leblanc, directrice générale du Musée des sciences et de la technologie à Ottawa. Le Musée propose neuf expositions permanentes, dont la classique La vapeur : un monde en mouvement, où les visiteurs sont invités à entrer dans une locomotive et à découvrir le mécanisme et l’histoire de ce mode de transport. Telle une colonne vertébrale au sein du musée, l’Allée des artefacts présente quant à elle une sélection d’objets, du plus petit au plus grand, et une scène de démonstration.

Par ailleurs, Cuisine bizarre + reste l’une des expositions les plus populaires. La cuisine originale datant de l’ouverture du musée en 1967 a été conservée, mais une exposition renouvelée tout autour explore diverses expériences axées sur les perceptions et les illusions. Et pour en apprendre plus sur le son et toutes les innovations technologiques qui l’entourent, Concevoir le son propose une expérience immersive et interactive.

Musée canadien de l’histoire

Avec la grandeur des salles d’exposition du Musée canadien de l’histoire, « chaque espace est un musée dans un musée », remarque Chantal Amyot, directrice générale par intérim. La Grande Galerie accueille la plus grande exposition de mâts totémiques au monde, de même que des façades de maisons des Premières Nations, derrière lesquelles on retrouve deux expositions sur ces peuples de l’Ouest canadien. Les visiteurs peuvent aussi découvrir l’histoire autochtone dans la salle des Premiers Peuples, alors que la salle de l’histoire canadienne explore les grands moments historiques du pays. Autre incontournable, la collection de timbres du Canada, qui présente plus de 3000 timbres de 1851 à aujourd’hui, et qui inclut également des œuvres d’artistes inspirés par la poste, comme une robe d’époque fabriquée à partir de lettres.

Photo: Musée canadien de l'histoire La salle de l'histoire canadienne

Les expositions permanentes changent continuellement, par exemple pour ajouter des contenus en lien avec les pensionnats pour Autochtones dans la salle des Premiers Peuples. « On veut faire réaliser aux gens qu’ils font partie de l’histoire », résume Mme Amyot. L’église ukrainienne, dans la salle de l’histoire canadienne, prend d’ailleurs tout son sens avec les événements des dernières semaines. Très importante pour la communauté ukrainienne, cette église accueille en temps normal des messes ou des cérémonies. Les objets sont aussi changés selon les saisons.

Musée canadien de la guerre

 

Le Musée canadien de la guerre présente quatre galeries sur le Canada et les conflits en continu. Chaque galerie explore une partie de l’histoire militaire du Canada, des premières guerres durant la colonie à la guerre froide, en passant par les deux guerres mondiales. Des sections sur la bataille de Vimy et sur la participation du Canada aux opérations menées durant la guerre du Golfe de même qu’en Somalie, au Rwanda, dans l’ex-Yougoslavie et en Afghanistan ont été ajoutées en 2017.

Les salles permanentes du Musée sont constamment en mouvement, pour des raisons pratiques (prêts d’objets, objets fragiles) ou pour y inclure des mises à jour. La galerieLeBreton, qui contient une collection de véhicules et d’artefacts militaires, de pièces d’artillerie et d’armes navales et aériennes, accueillera ainsi bientôt deux nouvelles acquisitions, soit un véhicule blindé et une variante du M113 APC ayant servi pendant la guerre en Afghanistan. Une nouvelle animation a récemment été installée à la galerie consacrée à la Seconde Guerre mondiale au Musée canadien de la guerre, et d’autres réaménagements sont apportés dans la galerie qui traite des 100 derniers jours de la Première Guerre mondiale.

Musée des beaux-arts du Canada

 

La collection nationale du Musée des beaux-arts du Canada est à l’affiche dans deux expositions permanentes. Dans les salles d’art autochtone et canadien inaugurées en 2017, la série Focus, en collaboration avec Bibliothèque et Archives Canada, présente quatre installations éphémères tirées des collections permanentes : L’illustration photographique au XIXe siècle ; Le pictorialisme ; Le travail de l’art/L’art au travail ; Les attelages de chiens dans l’art autochtone et canadien.

Dans la chapelle Rideau, Motet à quarante voix est une sculpture sonore de l’artiste canadienne Janet Cardiff, qui reprend une pièce de Thomas Tallis, un compositeur anglais du XVIe siècle. Dans cette installation, qui prend vie dans la chapelle néogothique reconstruite à l’intérieur même du musée, 40 voix enregistrées séparément sont diffusées par 40 haut-parleurs disposés autour de la salle.

Les salles d’art contemporain accueilleront également dès le 8 avril une sélection d’œuvres de la collection par des artistes LGBTQ2S+. Vidéos, photographies, installations et documents éphémères mettront en lumière la créativité et la force de ces artistes dans Par-delà l’arc-en-ciel.

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