Sur le radar: trois questions à Peter Krausz

L'oeuvre «Suite roumaine #4»
Photo: Droit de reproduction, Peter Krausz, 2021. L'oeuvre «Suite roumaine #4»

Eklektikos , le titre le dit : votre pratique est éclectique. Il y a quand même des récurrences comme le portrait et le paysage. Alors, êtes-vous éclectique ?

J’ai toujours essayé d’être le plus sincère possible, de ne pas me m’enfermer dans les carcans des modes. En regardant la grande expo, je me rends compte qu’il y a des lignes communes : le passage du temps, la mort, mais aussi le renouveau dans la nature. Et l’empathie pour les gens. C’est toujours lié au temps, à mon intérêt pour l’histoire de l’art, pour les événements terribles qui se répètent.

Y a-t-il une différence dans votre manière d’aborder un sujet ?

Le dessin est très important pour moi — je l’enseigne depuis 40 ans. Je travaille avec des modèles, j’ai toujours avec moi mes cahiers d’esquisses. Actuellement, je fais de grands portraits [d’individus] que je veux montrer à côté de portraits de montagnes. Mêmes rides, mêmes textures. L’émotion devant un paysage ou une personne déclenche le désir de le déchiffrer, de le comprendre et presque de se l’approprier.

Vous venez de réaliser les petits formats Intérieurs-extérieurs. Sont-ils l’expression d’enfermement dans lequel la pandémie nous a poussés ?

Je documente depuis des années des maisons délabrées ou abandonnées en Roumanie, en Sicile, à Chypre, à Cuba. Je suis attiré par leurs textures et couleurs, leur mystère. Des couvertures des livres, elles aussi abandonnées et jetées, étaient dans mon atelier depuis plus de vingt ans. Je ne sais pas si j’ai commencé la série comme expression d’enfermement, mais le fait que je ne pouvais pas voyager m’a incité à me retourner vers ce que j’avais sous la main, les objets et les idées qui étaient là à attendre.
 

Eklektikos, deuxième volet. Intérieurs-extérieurs, 2020-2021 / Eklektikos, un survol

De Peter Krausz. À Produit Rien, jusqu’au 31 octobre. /Au Centre d’exposition de l’UdeM, jusqu’au 18 décembre.

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