Sur le radar: de la main au robot

Vue de «Migrations» 
Photo: Romain Guilbault Vue de «Migrations» 

L’intelligence artificielle (IA) est souvent synonyme de technologies déshumanisantes, perception que nuancent les œuvres du Britannique Mat Chivers qui s’interroge sur ses répercussions dans nos vies. À L’Arsenal, où l’exposition produite par le Musée d’art de Joliette fait escale, son travail dégage une remarquable sensualité.

Il y a le travail de sa main, des deux plutôt, dans de grands dessins au carbone suggérant une conscience migrante, du cerveau humain à des oiseaux, jusqu’au fleuve Saint-Laurent. Puis, dans l’installation de sculptures au centre, qui capte l’attention, les empreintes laissées, brutes, par plusieurs mains dans l’argile incarnent la base de données, d’où provient une plus grande pièce, générée par une IA et taillée dans une impactite (roche frappée par un météorite) par un outil robotisé.

C’est le phare du Haut-Fond-Prince, à l’entrée du fjord du Saguenay, qui est au centre de la vidéo en fin de parcours, œuvre produite par l’artiste en résidence au Québec, visiblement fasciné par ce territoire. Le récit onirique en voix hors champ confond le réel à un futur infléchi par une IA. Le phare, symbole du guide, s’incline dans cette vidéo, aussi étourdissante qu’hypnotisante.  

Migrations

De Mat Chivers, à L’Arsenal jusqu’en mars 2020