Au coeur de l’identité

Thierry Haroun Collaboration spéciale
Vue de l’exposition permanente «Wôbanaki»
Photo: François Pilon Vue de l’exposition permanente «Wôbanaki»

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

Le Musée des Abénakis, ça vous dit quelque chose ? Il est situé à Odanak, soit à environ 30 minutes de route de Sorel et il y a bien des choses à y découvrir et à y faire cet été, de juin jusqu’à la tombée des feuilles : artistes locaux, traditions ancestrales, ateliers et pow wow.

Le musée accueillera la toute première exposition solo de l’artiste au graphite Joyce Panadis. Ses oeuvres, mais également son processus de création, des anecdotes et des photos seront mis en valeur dans le cadre de cette exposition. « C’est une artiste abénaquise qui fait partie de la relève, explique le directeur Mathieu O’Bomsawin-Gauthier. Elle s’est penchée sur la question identitaire des Premières Nations, mais surtout des Abénakis. Sa démarche artistique se veut un hommage à ses descendants, d’autant que Joyce est issue d’une famille d’artistes. Son grand-père et son arrière-grand-père étaient des artistes sculpteurs. » Ce qu’elle présente, une douzaine d’oeuvres au crayon graphite sur papier, s’inspire de la culture matérielle et immatérielle des Abénakis. « Elle reproduit des objets et des images qui font partie de sa vie. Par exemple, elle va présenter des mocassins et l’oeuvre qui représente de manière très fidèle les mocassins. »

D’ailleurs, « l’une de ses premières oeuvres est une reproduction d’une photo de son arrière-grand-père et on pouvait vraiment se méprendre entre la photo et son dessin », fait valoir le directeur du musée. Selon lui, cette exposition grand public pourrait être appelée à voyager à travers d’autres musées.

10 000 km pour des pow wow

L’exposition Régalia : fierté autochtone sera quant à elle présentée sur le site extérieur du Musée. Constituée de 30 portraits de danseurs (hommes, femmes et enfants) issus de 14 nations différentes (Algonquins, Mohawks, Atikamekws, Abénakis, etc.), l’exposition offre une rencontre authentique avec les peuples autochtones grâce aux photographies de Roland Lorente. Fait intéressant, elle propose de nous extraire de nos premières perceptions sur la tradition des pow wow pour en sonder les dimensions identitaires et contemporaines. « On présente les images captées par ce photographe franco-canadien. Il s’intéresse à tout ce qui entoure le Pow Wow. Il a participé à une vingtaine d’entre eux en parcourant 10 000 km dans l’est du Canada. » Et qu’est-ce au juste qu’un pow wow ? « Ma définition d’un pow wow serait de dire que c’est un rassemblement visant à célébrer les cultures autochtones. C’est un événement qui est ouvert tant aux autochtones qu’aux allochtones, avec des chants, des danses, de la nourriture et des rencontres amicales », indique le directeur.

Des traces remontant aux années 1500

L’exposition permanente Wôbanaki, signifiant « le peuple du soleil levant », vous invite à découvrir l’univers culturel et spirituel des Abénakis. La visite débute par une projection multimédia qui raconte la création du monde selon la tradition de ce peuple millénaire. Le tour se poursuit avec la découverte de leur histoire et de leur savoir-faire en suivant le rythme des saisons et des lunaisons. « On y découvre le mode de vie traditionnel des Abénakis au XVIIIe siècle. Au fil de la visite, on comprend comment le mode de vie s’adapte au rythme des saisons. » Mathieu O’Bomsawin-Gauthier note par ailleurs que les premières traces archéologiques de son peuple à Odanak remontent aux années 1500. « On y a découvert principalement des tessons de céramique », dit-il.

Enfin, tout l’été, les enfants et les adultes pourront profiter de leur venue au Musée pour participer à un atelier de création artisanale en compagnie d’un guide : la fabrication d’un collier de perles (pour les jeunes) ou un capteur de rêves (pour les 12 ans et plus), lit-on dans la documentation. « Il y a des forfaits pour les familles et pour les groupes », tient à rappeler le directeur.

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