Une table toute gaspésienne!

Thierry Haroun Collaboration spéciale
Vue de l’exposition À la gaspésienne : salé, séché, boucané
Photo: Source Musée de la Gaspésie Vue de l’exposition À la gaspésienne : salé, séché, boucané

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

Revivre une tablée toute gaspésienne avec ses plats traditionnels de morue, entre autres, tant par les voies gustatives qu’olfactives : voilà ce que propose aux visiteurs le musée de la Gaspésie, situé à Gaspé, dès le 3 juin.

À la gaspésienne : salé, séché, boucané. Voilà un titre qui donne un « avant-goût » de ce qui nous attend au musée de la Gaspésie cet été. Cette visite, qui durera en moyenne 45 minutes, vous fera voyager de l’époque amérindienne jusqu’au milieu du siècle dernier, en passant par la Nouvelle-France et la présence anglo-normande. Alléchant, n’est-ce pas ? Le conservateur, Félix Fournier, parle d’une expérience « accroche-sens ». « On veut faire vivre une expérience très particulière aux visiteurs en simulant un restaurant très rustique dans lequel on va présenter des plats qui ont marqué leur époque, soit du temps des Micmacs et de leurs recettes typiques, puis de la Nouvelle-France. » La documentation ne manque pas sur ce sujet contrairement à ce qu’on pourrait croire, dit M. Fournier. Sous les Français, les bouillis étaient au goût du jour alors que, avec l’arrivée des Jersiais et des loyalistes, la viande rôtie et le thé font leur apparition. Toujours sous la coupe des Jersiais (les Robin particulièrement), la morue prend beaucoup de place.

À titre d’exemple, sur le plan strictement économique, raconte M. Fournier, pour l’année 1850 seulement, « la compagnie Robin exporta six millions de livres de morues salées, séchées, et ce, uniquement pour la ville de Naples en Italie ! Et pour ce qui est de la table, à cette époque, l’Église catholique impose plus de 160 jours maigres par année à ses fidèles. Les pratiquants ne peuvent pas, par conséquent, manger de la viande lors de ces jours ». Ce qui, par conséquent, explique les nombreuses façons d’apprêter la morue…

Eh oui, il y aura à manger !

Bref, cette exposition, qui s’adresse au grand public, sera « accroche-sens », en cela qu’elle sera visuelle, auditive (par la présentation d’extraits vidéo en projection) et gustative puisqu’elle offrira des produits cuisinés aux visiteurs (bourgots, morue salée, boules à la morue, etc.). Et enfin, explique M. Fournier, « elle sera — défi de taille —, olfactive en répandant des odeurs de nourriture de façon continue dans la salle ».

Tant qu’à être au musée de la Gaspésie, pourquoi ne pas en profiter pour visiter une autre manifestation culturelle : l’exposition « Nos glorieux Gaspésiens » prend la forme d’une mosaïque historique réunissant des documents d’archives et des documents iconographiques, ainsi que des artefacts uniques afin de vous faire découvrir la passion du hockey chez les Gaspésiens.

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