À la défense de l’art public

«Dialoguer avec l’histoire», l’œuvre de l’artiste Jean-Pierre Raynaud détruite à Québec.
Photo: Source Ville de Québec «Dialoguer avec l’histoire», l’œuvre de l’artiste Jean-Pierre Raynaud détruite à Québec.

Face à la destruction de sculptures pérennes par les villes de Québec et de Montréal, les artistes de l’éphémère se mobilisent. Le monde de la performance se porte à la défense des oeuvres Dialoguer avec l’histoire, de Jean-Pierre Raynaud, et Agora, de Charles Daudelin.

À Québec, l’artiste Steven Girard infiltre mercredi l’endroit où se trouvait la sculpture de Raynaud. Le diplômé de l’Université Laval interviendra par des gestes simples qu’il qualifie de « trous noirs dans la normalité ».

À Montréal, le premier dimanche d’août, des artistes de la performance se produiront autour d’Agora. L’appel aux artistes qui circule dans les réseaux sociaux annonce un programme à la durée indéterminée. « Ad vitam aeternam », y lit-on.

Plans modifiés

Steven Girard avait prévu depuis longtemps une série d’actions autour du thème de la destruction. Un volet du projet soutenu par le centre Le Lieu devait évoquer l’Îlot Fleurie, cet espace sous l’autoroute Dufferin né dans la souffrance dans les années 1990. La démolition en juin de la sculpture de Raynaud, place de Paris, a modifié les plans.

« Ça fait longtemps que l’art public est incompris. On veut en faire un attrait touristique, l’instrumentaliser à des fins économiques. Ceci ne peut être qu’une conséquence », concède-t-il.

L’art dans l’espace public, selon le performeur, doit « piquer la curiosité, faire circuler des idées, nous confronter, y compris nous, les artistes ».

Steven Girard a voulu réagir à la décision de l’administration Labeaume pour des questions d’éthique. « Dès qu’on attaque une oeuvre, ce n’est pas juste l’artiste concerné qui est visé, mais toute la communauté. L’image de l’art est entachée », dit celui qui sera aussi, en août, au square Viger.

Marie-Claude Gendron a eu l’idée de ce dimanche de performances après avoir participé au pique-nique des « artistes en criss ». Sa missive a fait mouche : 70 artistes ont déjà accepté l’invitation.

« La performance ne laisse pas de trace concrète, mais reste imprégnée dans la tête longtemps », dit celle qui voit dans l’éphémère un beau complément au béton.

L’art, croit-elle, est plus diversifié que ce que croit le maire.

1 commentaire
  • Louise Gagnon - Inscrite 15 juillet 2015 11 h 57

    On a le droit de ne pas aimé.

    Question de goût.
    Si l'on n'a plus le droit de ne pas aimer une oeuvre d'art que la majorité des citoyens refusent de regarder, car cela les rends maheureux à chaque fois qu'ils passent devant, cela signifie que tout le monde, même des enfants de 4 ans, ont le droit d'imposer n'importe quoi à une population.

    Ce dialogue avec l'Histoire se termine ainsi, impossible à aimer, impossible à comprendre, soulagée qu'il se soit évaporé. En fait, il émettait une absence de dialogue, et son language était un pur affront.