Trois-Rivières perdra pied avec sa biennale de sculpture

Autre ville, autre manifestation d’art, la Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières (BNSC) se tiendra cet été pour la sixième fois. Plus discrète que les événements frères de Québec et de Montréal en cours ou à venir (Manif d’art, Biennale internationale d’art numérique, Biennale de Montréal), la BNSC joue pourtant dans les mêmes plates-bandes de la démesure.

 

L’édition 2014 affiche ses chiffres : 25 lieux d’intervention, une soixantaine d’artistes, 65 jours (du 19 juin au 31 août) « de présence sculpturale ». Elle annonce même « une croissance sur le plan international », disent ses outils de communication. La programmation comprend un événement central, des événements satellites, des expositions parallèles et des ateliers d’exploration, ainsi qu’une exposition virtuelle.

 

Au-delà de ce notable agrandissement, la 6e BNSC sera portée par un thème, « Perdre pied », de mise avec la réalité de la sculpture et de la création actuelle, imprégnée de questionnements sociaux.

 

«Perdre pied, c’est perdre son support physique, ses repères habituels, ses valeurs esthétiques,lit-on sur le communiqué de presse. C’est une rupture d’équilibre, un dépaysement, une déroute… C’est se mettre en situation de migration, en état d’errance dans des espaces où les certitudes sont remises en cause. »

 

L’événement central, qui répartit 11 artistes en six lieux, sera porté notamment par le Montréalais Guillaume Labrie et le collectif de Québec Coke-Sasseville, connus pour nous déstabiliser de plus d’une manière, le premier avec des constructions oniriques, le second avec des figures surdimensionnées. Parmi eux, un artiste camerounais, Barthélémy Toguo, qualifié d’absurde du réel par la presse française, qui avait été présent à la Biennale de Montréal en 2002.

 

Les oeuvres du principal volet atterriront dans les lieux habituels de la BNSC, comme la Galerie d’art du Parc ou le centre de diffusion Presse-Papier, auxquels s’ajouteront d’autres diffuseurs, dont le Musée québécois de la culture populaire.

 

Le centre-ville de Trois-Rivières, y compris des galeries affiliées à la Biennale, des vitrines de commerces et des parcs, accueillera le reste des oeuvres, soit celles réalisées par près d’une cinquantaine d’individus. Conférences, projections et performances sont aussi au programme. Pour marquer son déploiement international de manière plus forte, la BNSC a mis sur pied une « galerie virtuelle » qui exposera cet été des projets photographiques inspirés d’un sous-thème, « une chaussure détournée ». Des images en provenance de Suisse, du Mexique, de France et des États-Unis ont été reçues.

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NDLR: Une correction a été apportée à ce texte après la mise en ligne.