Raphaëlle de Groot représentera le Québec à la Biennale de Venise

La performance de Raphaëlle de Groot découle de sa quête identitaire marquée par la collecte d’objets et par le recouvrement total de sa tête, comme le montre l’image à la gauche de l’artiste.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir La performance de Raphaëlle de Groot découle de sa quête identitaire marquée par la collecte d’objets et par le recouvrement total de sa tête, comme le montre l’image à la gauche de l’artiste.

Ce n’est pas demain qu’un pavillon de la Biennale de Venise battra le fleurdelisé. Mais dès cette année, Raphaëlle de Groot tiendra - presque ! - le rôle de porte-drapeau québécois, avec une performance de « quelques heures », prévue dans les journées d’ouverture de la célèbre manifestation internationale, apprenait-on mercredi en conférence de presse.

Ce projet inusité, indépendant de l’existence du pavillon du Canada, est une initiative de la Galerie de l’UQAM, appuyée par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Il sera le premier jalon, espère-t-on à Québec, d’une participation régulière à la Biennale, qui en sera, en 2013, à sa 55e édition.


« En danse, en théâtre, dans les autres secteurs, on est déjà [sur la scène internationale]. On veut aussi ça pour les arts visuels, et la Biennale de Venise est la manifestation la plus importante. C’est une des orientations gouvernementales d’assurer la présence du Québec dans les pôles artistiques », a expliqué Yvan Gauthier, président-directeur général du CALQ.


« On ne sait pas quelle forme ça prendra, on verra les possibilités », a précisé M. Gauthier.Chose certaine, « on veut assurer une contnuité, dès 2015, et on invitera les mécènes privés. C’est indispensable. »


Le projet de 2013 se veut modeste et ne vise pas à occuper un édifice, mais à s’insérer parmi les festivités des journées d’ouverture du rassemblement international. Intitulée En exercices vénitiens, l’oeuvre de Raphaëlle de Groot, lauréate l’an dernier du prestigieux prix Sobey, prendra place dans les Giardini, principal site de la Biennale, et à travers les canaux de Venise quelque part entre les 29 et 31 mai.


Le budget de l’opération s’élève à 60 000 $. Le CALQ en assumera 25 000 $ et on comptera sur la vente d’une oeuvre numérique de l’artiste, créée pour l’occasion et tirée à 20exemplaires, pour recueillir la somme restante. Les expositions du pavillon du Canada, elles, bénéficient d’un budget, qui dépasse le million de dollars.

 

Tailler sa place


Louise Déry, la directrice de la Galerie de l’UQAM, a commencé à penser à cette première participation 100 % québécoise en 2011, année au cours de laquelle le Musée des beaux-arts du Canada est devenu la seule institution mandatée pour monter les expositions visant à représenter le pays. « J’ai su alors que je ne pouvais plus espérer retourner à Venise, à moins que je trouve un autre moyen, dit celle qui a conduit l’exposition de David Altmejd au pavillon canadien en 2007. [Avec Raphaëlle de Groot], on veut démontrer qu’on peut tailler notre place avec des projets [moins coûteux]. »


La performance de Raphaëlle de Groot découle de sa quête identitaire marquée par la collecte d’objets et par le recouvrement total de sa tête. C’est avec un accoutrement inhabituel, composé de ce qu’elle sortira d’une valise, qu’elle déambulera en ville. « Je serai une figure de l’aveuglement et en même temps quelqu’un d’extrêmement visible », disait-elle mercredi. Par cette présence « éclair » aux résultats « inattendus », elle espère laisser des traces.


Une petite équipe de la galerie de l’UQAM, y compris les artistes Monique Régimbald-Zeiber et Frédéric Lavoie, travaillera à promouvoir et à documenter son action.


Rappelons que le Canada, lui, sera représenté à la Biennale de Venise par l’artiste ontarienne Shary Boyle.


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Collaborateur