«Je suis celle qui veut sauver sa peau», Fanie Demeule

Photo: Hamac

Depuis cette narratrice Reptilienne, honteuse de posséder une nature égoïste, cet instinct, dira-t-elle, qui la sauve et la terrasse, jusqu’à ce moment passé au Sous-sol, dans lequel une femme accueille la mort sans le savoir, en passant par la résurrection momentanée de Nancy Spungen, Je suis celle qui veut sauver sa peau, dévoile une écriture frontale, sans détour et portée par une obsession aiguë de la souffrance. Dans ce premier recueil de nouvelles, Fanie Demeule raconte la mort et la vie sans tabou, décortique la chair, l’humain, à la manière de Poe, évoque des tableaux à la fois festifs et horribles — en tête Wake, qui plonge le lecteur dans un univers cauchemardesque, des scènes irréelles, macabres rappelant à l’oeil certaines peintures de Brueghel l’Ancien. À travers ces 15 nouvelles — d’intérêt variable —, l’autrice pointe ainsi le radar sur l’horreur et la peur avec une prédilection notable pour le côté sombre de la vie, qui n’est «qu’un pont», dira la narratrice de « Reliques ». «Traversez-la, mais n’y faites pas votre demeure». À méditer.


Je suis celle qui veut sauver sa peau

★★★★

Fanie Demeule, Hamac, Montréal, 2022, 176 pages

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