«Blackwater, tome 3. La maison», Michael McDowell

La saga reprend une dimension gothique que n’aurait pas reniée Henry James.
Photo: Alto La saga reprend une dimension gothique que n’aurait pas reniée Henry James.

Décidément, on ne s’ennuie chez les Caskey, qui, après avoir traversé sagement les Années folles, doivent affronter la Grande Dépression… ainsi que la perte d’êtres chers que le lecteur adore détester. Heureusement, les traditions ne se perdent pas tandis que les filles de la placide Elinor grandissent : « La rivalité entre les deux soeurs était représentative de l’incroyable animosité que nourrissaient l’une envers l’autre Elinor et Mary Love. » Sans laisser tomber l’horreur sanglante, qu’elle soit fantastique (la créature fluviale demeure aussi impitoyable que gourmande) ou réaliste (les femmes ne sont pas toutes à l’abri de la violence conjugale), Michael McDowell concentre de plus en plus l’action autour de Frances, plus vulnérable que la pédante Miriam, sa soeur aînée élevée par leur grand-mère. De cette manière, la saga Blackwater reprend une dimension gothique que n’aurait pas reniée Henry James (Le tour d’écrou). Et si les revenants étaient plus à craindre que les monstres ? À suivre…

 

Blackwater, tome 3. La maison

★★★

Michael McDowell, traduit de l’anglais (États-Unis) par Yoko Lacour avec la participation d’Hélène Charrier, Alto, Québec, 2022, 227 pages

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