Le Centre de création O Vertigo doit quitter la Place des Arts

La Place des Arts héberge le Centre de création O Vertigo depuis 2004.
Photo: Adil Boukind Le Devoir La Place des Arts héberge le Centre de création O Vertigo depuis 2004.

Le Centre de création O Vertigo (CCOV) devra quitter les locaux de création qu’il occupe à la Place des Arts depuis 2004, pour céder la place à la compagnie Jean Duceppe, qui était à la recherche d’espaces de création adéquats depuis plusieurs années.

La direction de la Place des Arts a annoncé la nouvelle au CCOV il y a plusieurs mois. Ce dernier a obtenu une prolongation du bail jusqu’en février 2023. Pour le CCOV, cette nouvelle est perçue comme « une catastrophe », dit son directeur général, Paul Caskey. « Pour l’instant, c’est une grosse perte. Le studio qui est à la Place des Arts n’est pas seulement un studio de répétition. C’est un studio où les artistes en danse pouvaient faire des résidences, tester la lumière et la musique, par exemple. »

Fondé par Ginette Laurin, le CCOV accueillait depuis 2016 une quinzaine de résidences par année. « La Place des Arts ne renouvelle pas notre bail, c’est aussi simple que ça. C’est leur décision à 100 %. Nous sommes une compagnie en très bonne santé. Nos nouvelles orientations ont été lancées en 2016 et nous avons fait preuve, depuis le temps, de notre très grande valeur », dit Paul Caskey.

Du côté de la Place des Arts, on assure vouloir maintenir la meilleure relation possible, voire de poursuivre une collaboration avec le CCOV. Cette décision a été prise pour favoriser les compagnies qui sont en résidence à la Place des Arts, dont la compagnie Jean Duceppe fait partie.

« Nous avons accueilli O Vertigo dans nos murs avec des conditions exceptionnelles pendant toutes ces années avec bonheur », précise la p.-d.g. de la Place des Arts, Marie-Josée Desrochers. « Il a fallu faire des choix responsables. »

Du côté de chez Duceppe, la pers-pective d’avoir enfin un espace de création adéquat est évidemment une bonne nouvelle.

« Ça fait très, très longtemps qu’on cherche un lieu de répétition, dit Amélie Duceppe, directrice générale de la compagnie. Dans les locaux actuels, je lève mon bras et je touche au plafond. Nous sommes la seule compagnie de théâtre institutionnel à ne pas avoir un lieu de création adéquat, au point où on louait un entrepôt dans l’est de la ville pour répéter. Ça n’est pas acceptable. Ça n’a aucun bon sens. Ça fait des années qu’on cherche une solution à cela. »

Au CCOV, on espère tout de même que ces circonstances arriveront à propulser le centre dans un lieu aussi bien, sinon mieux que les locaux de création de la Place des Arts. « Des espaces comme cela, on n’en trouve pas n’importe où, précise Paul Caskey. Ce sont des espaces hautement spécialisés en fonction de leurs dimensions. »

En attendant de trouver ce lieu de rêve, le CCOV devra vraisemblablement trouver une « solution transitoire », dit-il. « Ces espaces ne se trouvent pas, il faut les créer. Il faut faire de l’idéation, de la planification, des collectes de fonds, tout ce travail », dit-il, ajoutant qu’il aurait préféré bénéficier d’un délai de cinq ans pour y arriver.

Dans l’état actuel des choses, « on déshabille Pierre pour habiller Paul », déplore-t-il.

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