Les Vikings sont parmi nous

Les objets présentés, en collaboration avec le Musée national du Danemark, sont pour la plupart d’authentiques éléments ayant appartenu à des Vikings.
Photo: Patrick Desrochers Pointe-à-Callière Les objets présentés, en collaboration avec le Musée national du Danemark, sont pour la plupart d’authentiques éléments ayant appartenu à des Vikings.

Leur histoire a été écrite par les autres, puisque les grandes sagas des Vikings ont été rédigées deux cents ans après leur disparition. Les Vikings étaient plutôt des peuples de tradition orale, et le musée Pointe-à-Callière la documente avec l’exposition Vikings. Dragons des mers du Nord, qui prend l’affiche jeudi.

Oublions les séries Vinland Saga, Vikings et The Last Kingdom sur Netflix, ou le film Le club Vinland, de Benoit Pilon. Les 650 objets présentés, en collaboration avec le Musée national du Danemark, sont pour la plupart d’authentiques objets ayant appartenu à des Vikings.

On peut même y admirer deux artefacts provenant du site de l’Anse aux Meadows, à Terre-Neuve, soit une fusaïole, qui sert au tissage, une pratique sacrée chez les Vikings, et une pierre à aiguiser.

Selon les experts, qui y ont trouvé les vestiges d’une grande maison, d’une forge et d’abris à bateaux, une colonie de 30 à 160 Vikings y aurait vécu. La collection présente également des pièces ayant appartenu aux Vikings, mais cette fois trouvées au Nunavut. On ignore toujours si les Vikings s’y sont réellement rendus ou si ces objets ont plutôt été apportés là par des Inuits. On apprend du coup que ce peuple à l’aura guerrière mythique a fait autre chose que guerroyer sur les mers du monde. L’exposition se présente comme une enfilade de récits portant sur différents thèmes de la vie des Vikings : les origines, la vie quotidienne, le voyage et la perception de la fin des temps.

Si les Vikings sont souvent réduits à un stéréotype d’hommes violents, c’est entre autres parce que leurs exploits ont d’abord été racontés par leurs ennemis, dont les moines anglais qu’ils ont attaqués, explique Peter Pentz, conservateur au Musée national du Danemark.

On calcule en effet que l’ère des Vikings débute en 793, avec un raid sur Lindisfarne, une petite île du nord de l’Angleterre, où les Vikings ont non seulement pillé les bâtiments religieux chrétiens, mais aussi massacré et capturé des moines. La fin de leur règne est pour sa part établie en 1066, au moment des affrontements de Stamford Bridge et d’Hastings.

Entre-temps, les Vikings auront colonisé le Groenland. D’ailleurs, selon Peter Pentz, « il se pourrait que les Vikings aient cherché à gagner l’Amérique pour y trouver du bois, ce dernier se faisant rare au Groenland ». Il ajoute qu’il est documenté que des enfants vikings sont nés à l’Anse aux Meadows. Les nouvelles méthodes de datation permettent d’établir qu’il y avait une colonie viking à cet endroit en 1021. « Les données archéologiques ne nous permettent pas de dire avec exactitude combien de temps le site a été occupé par les Vikings, mais il ne semble pas l’avoir été longtemps avant ou après cette date », écrit l’archéologue spécialiste du site Birgitta Wallace à ce sujet, dans le numéro hors série du magazine Beaux-arts qui est consacré à l’exposition.

L’exposition explore également les croyances des Vikings, telles que conçues avant leur christianisation. Dans leur cosmogonie, c’est un arbre sacré, Yggdrasil, qui supporte l’univers et qui agit comme pilier de neuf mondes distincts.

 

Vikings Dragons des mers du Nord

Au musée Pointe-à-Callière, jusqu’au 10 octobre 2022.

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