Ce qu’il reste des nouveaux 6,8 millions pour le virage numérique de BAnQ

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, avait annoncé 6,8 millions de dollars pour le virage numérique de BAnQ le 15 décembre dernier.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La ministre de la Culture, Nathalie Roy, avait annoncé 6,8 millions de dollars pour le virage numérique de BAnQ le 15 décembre dernier.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a annoncé le 15 décembre dernier un nouveau financement de 6,8 millions de dollars à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) « pour favoriser son virage numérique ». Or, en croisant ce nouveau montant à ceux des besoins de BAnQ évalués en 2020 par une firme externe, on constate qu’il ne resterait comme véritable financement additionnel que 1,7 million. Calculs.

C’est dans la foulée de l’annonce de la nouvelle obligation du dépôt légal pour les publications numériques que Québec dévoilait un investissement supplémentaire de 6,8 millions de dollars pour le navire amiral des bibliothèques du Québec. « Une première somme de 3,6 millions sera versée pour des projets et des activités en ressources informationnelles, comme la modernisation du système de gestion des bibliothèques et du Service québécois du livre adapté », indiquait la semaine dernière le cabinet de Mme Roy.

Or, dans le diagnostic stratégique de BAnQ livré par la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) en 2020, c’est dans les besoins du Plan québécois des infrastructures pour ressources informationnelles (PQI-RI) que se trouvent ces projets et ressources. La somme nécessaire au PQI-RI était évaluée pour 2022 par RCGT à 3,9 millions, contre un financement prévu de seulement 2,54 millions.

« Les 3,6 millions annoncés [le 15 décembre] constituent un rehaussement de la contribution d’environ 1 million par rapport à celle de 2019-2020 », a expliqué BAnQ cette semaine au Devoir. Le nouveau montant permet ainsi de combler une partie de l’écart entre les besoins et le financement prévu.

1,7 million
Il s’agit du véritable montant dont bénéficiera BAnQ pour son virage numérique.

« Cette somme récurrente, qui représentera en moyenne 3,4 millions par année jusqu’en 2026-2027, est destinée à des investissements en ressources informationnelles, a ajouté BAnQ. Ce n’est pas un surplus, mais plutôt une somme supplémentaire qui permet de répondre aux besoins exprimés dans le rapport RCGT et qui comble une partie du manque à gagner en investissements en ressources informationnelles. » Une bonne nouvelle pour BAnQ, donc.

Et une précision qui permet de comprendre que le gouvernement n’a pas réellement ajouté 3,6 millions par année au financement prévu au PQI-RI, mais un peu moins de 1 million par année, jusqu’en 2026-2027.

Maintien régulier

 

La seconde somme octroyée par Québec est une enveloppe de 2,5 millions qui « sera utilisée notamment pour l’acquisition de nouveaux équipements, la numérisation et la diffusion de ses collections et fonds. La somme servira également au renouvellement des infrastructures technologiques de BAnQ et à l’accroissement de la découvrabilité des contenus culturels », d’après le cabinet de la ministre de la Culture.

Le diagnostic de RCGT chiffrait les seuls besoins en maintien régulier pour le volet numérisation à 2,9 millions par année. BAnQ, en juillet dernier, déclarait toutefois au Devoir que ce diagnostic n’incluait pas les coûts de son grand virage numérique. Avec les nouveaux 2,5 millions, « il continue donc de manquer en numérisation 400 000 $ par année », a calculé l’institution.

Cette injection permet en revanche de diminuer le manque à gagner pour le maintien régulier de la collection et de l’ensemble des infrastructures, estimé par RCGT à 12 857 400 $ en 2022. « En effet, on peut soustraire ces 2,5 millions des projections des besoins financiers 2021-2022 », selon BAnQ.

Bref, au lieu de 2,54 millions de dollars par année, BAnQ recevra en moyenne 3,4 millions. C’est là que l’institution voit un véritable rehaussement « du financement d’environ 1 million. » S’y ajoutent les 700 000 $ « supplémentaires […] réservés à la mise à niveau des processus et structures technologiques qui permettront à BAnQ de recevoir les contenus », des investissements nécessaires pour recevoir et traiter les documents qui lui seront envoyés pour répondre au nouveau dépôt légal sur les publications numériques.

Quant aux 2,5 millions de dollars restants, ils appartiennent à un type de dépenses qui était, encore en juillet dernier, considéré hors des coûts du grand virage numérique. Il s’agirait donc d’un nouvel investissement de 1,7 million pour ce virage à BAnQ, plutôt que 6,8 millions.

Où et quand commencer ?

Ce montant est-il suffisant pour favoriser la transition numérique de BAnQ ? « Le virage technologique de BAnQ est engagé depuis plusieurs années, a rappelé l’institution. Une grande partie des activités courantes de BAnQ s’inscrit déjà dans cette mouvance. »

« L’investissement de 6,8 millions annoncé [le 15 décembre] va contribuer à faire évoluer des pans de cette transformation numérique. Il contribue notamment à financer l’achat de nouvel équipement ainsi qu’à maintenir le niveau des opérations de numérisation en place. Il participe également à mettre en œuvre le dépôt légal des publications numériques, une très importante avancée. »

Cela dit, les coûts liés à la poursuite de la stratégie de transformation numérique de BAnQ sont en cours d’évaluation, a réitéré dans le même courriel BAnQ. « C’est un processus en continu. »

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