Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Manon Dumais

Vampire norvégienne

Peu après s’être réveillée sur la table d’autopsie, Live (Kathrine Thorborg Johansen, excellente), infirmière trentenaire célibataire sans histoire, découvre que ses sens ont décuplé et qu’elle est assoiffée de sang. Ce qui n’est pas une si mauvaise nouvelle car l’entreprise de pompes funèbres de sa famille est en faillite. Comme l’indique le sous-titre de Post-mortem, « personne ne meurt à Skarnes ». Rythme lent, lumière blafarde et esthétique rugueuse, cette série norvégienne en six épisodes séduit grâce à son subtil humour noir. Sur Netflix.


Louise-Maude Rioux Soucy

Faire éclater la chaussure de verre

Avec Pitch Perfect, Kay Cannon a fait ses gammes, cultivant une aisance avec le genre dont bénéficie Cendrillon, son adaptation musicale propulsée par la pop entraînante d’Ed Shee-ran, de Queen ou de Madonna. Décomplexée, cette version vitaminée refuse l’enfermement de son héroïne (Camilla Cabello, à l’ambition contagieuse) comme celui de son entourage bigarré, dont sa fée marraine Fab G (Billy Porter, royal) et son prince en quête de sens (Nicholas Galitzine). Idina Menzel, Minnie Driver et Pierce Brosnan ajoutent leur grain de sel à ce film grand public qui chatoie honorablement au catalogue de Prime Video.


Philippe Papineau

La bonhomie addictive de Ted Lasso

L’essayer, c’est l’adopter, dirait probablement Ted Lasso (Jason Sudeikis) de la série comique qui porte son nom — lui un indécrottable optimiste calé en formules toutes faites. Ted Lasso, qui est en deuxième saison sur Apple TV+, raconte l’histoire de cet entraîneur de football américain parachuté à la tête d’un club de soccer britannique. Sport dont il ne connaît rien. La force de Ted Lasso, c’est son rapport aux humains, ce qui porte ce petit bijou télévisé sans prétention, mais finement mené. Quelque part entre The Office et le film Ligue majeure.


Catherine Lalonde

Explosive Kathy Acker

Paru en 1984 dans sa V.O. anglaise, réédité en français en début d’année chez Laurence Viallet, le livre — on n’ose dire le roman tant les styles sont traversés — de Kathy Acker reste explosif, défiant les formes narratives et les tabous. La traduction franco-française est toutefois dure pour nos américaines oreilles. Mais dessins, poèmes, écriture persane, faux contes pour enfants, répétitions, cartographie des rêves, Acker s’exprime sur tous les tons, et son livre devient un ouvroir, au sens oulipien, des possibles littéraires.

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