Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Louise-Maude Rioux Soucy

Une place au soleil

Il y a plus d’un siècle que l’Arménie et l’Azerbaïdjan se disputent la région du Nagorny Karabakh. Le cinéaste François Jacob a posé sa caméra sur cette plaie béante, qui suppure méchamment depuis le cessez-le-feu de 1994. Ici, les « idées génocidaires » flottent encore, « c’est le cancer de notre humanité », confie Anna, l’une des parties à qui il tend l’oreille. « Il n’y a plus de guerre, mais les gens meurent encore », opine un autre, du camp opposé. De ces dialogues de sourds captés avec bienveillance dans Sous un même soleil émerge paradoxa-lement un puissant désir d’écouter et d’échanger. En salle.


François Lévesque 

Capitalisme dévorant

Lauréat à Venise du prix de la meil-leure direction photo, Mosquito State relate le cauchemar éveillé d’un analyste de données de Wall Street qui, en 2007, voit la réalité se transformer devant ses yeux. Cloîtré dans son penthouse, il plonge en plein délire, délire qui ne fait que s’accroître lorsqu’il se risque au- dehors. Pour cette critique horrifique, littéralement, du capitalisme, Filip Jan Rymsza avoue s’être inspiré autant de Cronenberg et de Kafka que d’American Psycho. Sur Shudder.


Amélie Gaudreau

Drôle d’apocalypse

Lancée sur Tou.tv en mars, la websérie Félix, Maude et la fin du monde est sélectionnée dans la catégorie formats courts du prestigieux festival Séries Mania, en cours à Lille. Cette comédie de science-fiction raconte avec un humour un peu décalé et une économie de moyens inventive les lendemains d’une éclipse qui fera disparaître du jour au lendemain l’humanité. Ou presque. Félix (Jean-Carl Boucher) croit être seul. Mais il rencontre Maude, son contraire, et d’autres survi-vants, avec qui ils arriveront peut-être à inverser le cours des choses.


Manon Dumais
Au revoir, Charlie

Membre des Rolling Stones depuis 1963, Charlie Watts est décédé paisiblement, à 80 ans, le 24 août. Pour se rappeler, ou découvrir, ce que furent le gentleman batteur et les mauvais garçons du rock avant le tristement célèbre concert d’Altamont en 1969, la plateforme Tou.tv suggère Les Rolling Stones et la fin de l'idéalisme (Days of Rage). Dans ce fascinant documentaire en deux parties, Tom O’Dell revient sur la portée politique des chansons des Stones. « War, children / It’s just a shot away… Rape, murder, it’s just a shot away »… Vous n’écouterez plus jamais Gimme Shelter de la même façon.