Les flâneurs

Illustration: Le Devoir

Odile Tremblay

Nelly sur le divan

L’écrivaine Nelly Arcan, à la vie d’étoile filante, nous a quittés il y a 12 ans. Mais son œuvre incendiaire ancrée dans la condition féminine reste une source d’inspiration. Psychanalyste, essayiste et plasticienne, Anouchka d’Anna publie, aux Éditions des Crépuscules, Nelly Arcan, la putain lacanienne. Avec finesse et réflexions féministes, philosophiques et psychanalytiques, son regard pénètre les profondeurs de cette femme lucide, ravagée et niée : « Nelly s’identifie à sa condition d’objet, tout en fantasmant d’être de l’autre côté, du côté des hommes. »


Manon Dumais
Des livres à expédier

Lancée l’an dernier en France par les éditions L’Orma, l’élégante et pratique collection Les Plis débarque enfin de notre côté de l’Atlantique. Formé d’une sélection souvent inédite de correspondances de penseurs et d’écrivains, dont celles de Jane Austen (Pas de femmes parfaites, s’il vous plaît), d’Emily Dickinson (Un volcan silencieux, la vie) et de Virginia Woolf (Tout ce que je vous dois), chaque petit livre d’une soixantaine de pages a une jaquette pouvant se transformer, en quelques pliages simples, en une enveloppe. N’y manque que le timbre !


François Lévesque 

Dire l’horreur nazie

Alfréd Wetzler est l’un des premiers ex-prisonniers d’Auschwitz-Birkenau à avoir raconté l’horreur des camps nazis. Tiré de ses mémoires, le film Escape from Auschwitz relate son évasion en compagnie de Rudolf Vrba dans les montagnes slovaques, mais aussi comment les deux survivants peinèrent à convaincre les forces alliées de l’ampleur des atrocités de l’armée d’Hitler. Ce film de Peter Bebjak, d’abord intitulé The Auschwitz Report, était le candidat slovaque dans la course à l’Oscar du meilleur film international. On l’attrape ces jours-ci au cinéma du Parc.


Louise-Maude Rioux Soucy

Pour tous les petits Maurice

Le hasard aura voulu que la commission Laurent rende son percutant rapport quelques jours à peine après la mise en ligne de L’histoire de l’oie, bouleversante pièce de Michel Marc Bouchard sur une enfance marquée au fer rouge de la violence et de l’humiliation. Sous la baguette précise de Serge Denoncourt, ce bijou tous publics (qui fêtera ses 30 ans en juin) se déplie douloureusement, poignant comme au premier soir. Tant Anne Dorval, qui se pare du duvet de l’oie Teeka, que Sébastien René et Éric Bruneau, respectivement Maurice enfant et adulte, font des merveilles. À attraper sur OHdio.