Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Odile Tremblay
Le film de l’année

Le rendez-vous du spectateur avec Nomadland, de Chloé Zhao, est incontournable en salle. Déjà primé partout, à Venise, aux BAFTA, aux Golden Globes et ailleurs, ce film d’errance, de poésie et d’humanité s’achemine vers les hauts honneurs des Oscar. Avec Frances McDormand formidable dans un rôle de femme partie avec sa caravane sur les routes des États-Unis aux côtés de plusieurs vrais nomades roulants, Nomadland n’est pas seulement un grand film de femme, mais la proposition cinématographique la plus puissante et bouleversante de l’année.


Louise-Maude Rioux Soucy
Corps et âme broyés

C’est la promesse d’un rôle à sa mesure qui convainc l’aspirante actrice Nina Wu (remarquable Wu Ke-Xi, aussi coscénariste) de plonger dans ce film exigeant, bientôt perturbant, qui la poussera dans ses derniers retranchements. Nina Wu, thriller glaçant et stylisé du cinéaste taïwanais Midi Z, aux accents lynchiens dans sa structure narrative inquiétante et arachnéenne, s’est nourri de la colère froide du mouvement #MoiAussi, gagnant, spécialement dans les scènes cruelles d’abus des plus ordinaires aux plus sadiques, une vraie force cathartique. En ligne aux cinémas Beaubien, du Musée et du Parc.


Philippe Papineau
Le ciel est au plancher, et nous aussi

Le quatrième album solo de Louis-Jean Cormier, Le ciel est au plancher, méritait amplement sa une du D Magazine, car ses nouvelles chansons inspirées par la mort de son père font bull’s eye. Le chanteur y part sur la route, brode autour de son deuil, y plonge les deux mains, trouve des souvenirs et des regrets — un peu de lumière aussi. C’est frontal, impudique, hyperpersonnel et non moins universel. Qui n’a pas au moins un petit deuil à faire ou à craindre ? En plus,  les arrangements de ces morceaux vivent plus librement que jamais dans nos oreilles. Le ciel n’est pas loin. On le touche presque de la main.


Philippe Renaud
Tableaux de maîtres recherchés

La veille de la Saint-Patrick de 1990, le musée Isabella Stewart Gardner de Boston se faisait dérober treize œuvres majeures — dont trois Rembrandt et un Vermeer — évaluées à plus d’un demi-milliard de dollars américains. La minisérie en quatre épisodes This Is a Robbery : The World’s Biggest Art Heist refait la rocambolesque enquête impliquant un « poteux » comme gardien de nuit et de colorés suspects associés aux gangs criminels irlandais et italiens avec l’aide de journalistes encore occupés à élucider l’affaire puisque les tableaux, qui auraient pu transiter par Montréal, sont encore introuvables. Sur Netflix.