Tous ensemble contre le jeu!

Tristan Roulot Collaboration spéciale
Magic Maze
Photo: Sit down! Magic Maze

Ce texte fait partie du cahier spécial Le Petit D

C’est l’automne. Il fait gris, humide, et tu as juste envie de filer te réfugier sous la couette ? Que nenni ! L’automne, c’est la meilleure saison pour partir à l’aventure en famille, avec notre sélection de jeux de société coopératifs !

Après une bonne balade pour observer les couleurs, et tandis que le chocolat, auquel on ajoutera des guimauves, chauffe dans la casserole, tout le monde décide de se réunir autour d’un jeu de société. Mais pas n’importe lequel ! Quand la luminosité baisse et qu’une pluie fine cogne aux fenêtres, on n’a pas forcément envie de trahison et de coups tordus. On veut de la tendresse. Alors, on dit à papa ou maman de mettre une bûche dans le feu, on sort ses plus grosses chaussettes, et place aux jeux coopératifs !

Coopéra… quoi ?

Des échecs jusqu’au Monopoly, le plaisir procuré par les jeux de société a toujours reposé sur la rivalité entre les joueurs. Se montrer plus malin ou tout simplement plus chanceux que son adversaire suffit à faire lancer les dés pendant des heures (sans compter l’indicible plaisir de se baigner dans les larmes de son petit frère, après l’avoir obligé à vendre tous ses hôtels). Pas si étrange donc qu’il ait fallu attendre les années 1990 — ouin, je sais, pour toi, c’est tout juste après le Moyen Âge ! — pour voir enfin apparaître les premiers jeux 100 % collaboratifs. Pour la première fois, les joueurs allaient lutter tous ensemble contre les mécaniques impitoyables d’un jeu devenu lui-même l’adversaire !

Pour les kids… Il y a Zombie Kidz !

Un des avantages des jeux coopératifs : un seul joueur a besoin de connaître les règles. Laisse donc tes parents gérer cet aspect-là, ils adorent ça en général (c’est ironique). Les actions des joueurs sont aussi très simples, ce qui en fait des jeux idéaux pour faire aussi asseoir la petite sœur à la table. Enfin, on perd ou on gagne tous ensemble, ce qui évite les frustrations. Numéro un de notre sélection : Zombie Kidz, une chasse aux zombies, mais pour les 7-12 ans. Des héros au look préado, des illustrations de style bande dessinée qui font peur juste ce qu’il faut, et un principe évolutif génial, avec des règles qui commencent très simplement et s’enrichissent au fur et à mesure des victoires. On y ajoute une pincée de surprise avec des enveloppes à ouvrir sous certaines conditions (et qui renferment autocollants, nouveaux personnages, pouvoirs et ennemis), et ce jeu gardera enfants et parents accros jusqu’à la dernière partie… Car c’est là son seul défaut : une fois tous les bonus découverts, le jeu n’a pas une rejouabilité extraordinaire. Il faut néanmoins compter une bonne vingtaine de chasses aux zombiesavant d’en voir le bout. Ça en fait des dimanches pluvieux !

Zombie Kidz, 7 ans et +, 2-4 joueurs, 25 $ env., Éd. Le scorpion masqué

Silence ! On joue à Magic Maze

On change de registre pour l’univers loufoque de Magic Maze, où quatre héros de légende (magicien, sorcier, etc.) se trouvent coincés dans un supermarché et doivent trouver collectivement le moyen de quitter les lieux. Un vrai casse-tête sous pression, qui demande énormément de coopération et d’intelligence collective, puisqu’il est… interdit d’ouvrir la bouche pour communiquer ! Tu vas voir, tes parents vont A-DO-RER ! Chaque joueur déplace un héros à son tour pour le guider vers la sortie, en essayant de comprendre la stratégie des autres joueurs, tout ça avant que le temps ne soit écoulé. Et quand enfin vient la victoire (ou plus souvent, la défaite), tout le monde explose en même temps : « Mais il fallait que tu montes l’escalier avec le sorcier pour prendre le téléporteur! T’avais pas vu ? » Des parties courtes et frénétiques : tu y reviendras avec plaisir.

Magic Maze, 8 ans et +, 2-4 joueurs, 35 $ env., Éd. Sit down !

Mission Andor

Changement de rythme et d’univers pour la beauté classique d’Andor, où chevaliers, sorciers et dragons s’affrontent sur un immense plateau réversible et magnifiquement illustré. De mission en mission, les joueurs tentent d’empêcher une horde démoniaque d’atteindre le château, tout en dévoilant les chapitres d’un joli conte de fées. Gros atout : le jeu se comprend facilement, grâce à un système de cartes explicatives qui dévoilent les règles au fur et à mesure de l’aventure. Combats, quêtes, sortilèges et objets magiques : Andor offre une splendide aventure, qui peut s’avérer toutefois longue et délicate dans les derniers chapitres. On le déconseille aux plus jeunes et à ceux qui ont du mal à maintenir leur concentration ou leur intérêt lorsque la partie s’étire au-delà d’une heure.

Andor, 12 ans et +, 2-4 joueurs, 70 $ env., Éd. Iello