Plus d’argent pour restaurer les maisons patrimoniales

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, avait déjà annoncé, l’an passé, que l’État consacrerait 30 millions$ à ce programme.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, avait déjà annoncé, l’an passé, que l’État consacrerait 30 millions$ à ce programme.

Québec bonifiera de 21,6 millions, au cours des trois prochaines années, son programme de restauration et de rénovation des maisons anciennes dans les municipalités. La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, avait déjà annoncé, l’an passé, que l’État consacrerait 30 millions $ à ce programme.

Selon la ministre Roy, « les demandes ont été grandes » pour ce programme de soutien au milieu municipal pour le patrimoine immobilier, à la suite de son lancement le 5 décembre 2019. « Le besoin des villes a augmenté, tout comme le nombre de demandes », a indiqué la ministre. Ce qui a conduit à gonfler le programme.

En fait, selon les propres indications de Nathalie Roy, son ministère a reçu 96 demandes de municipalités et de MRC dans le cadre de ce programme. Présente à l’occasion de cette annonce publique, Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, a précisé qu’il existe 1039 municipalités au Québec.

« Je peux vous assurer qu’un dossier aussi important que le patrimoine, qui touche à nos racines, qui touche à notre histoire, qui touche à notre identité, ça mobilise toute notre équipe au conseil des ministres, et c’est une priorité pour notre gouvernement », a déclaré la ministre Roy.

« La restauration de notre patrimoine bâti, ça nécessite beaucoup de ressources », indique la ministre, en répétant l’adage selon lequel « il vaut mieux prévenir que guérir ».

21,6 millions
C’est la bonification, au cours des trois prochaines années, du programme de Québec de restauration et de rénovation de maisons anciennes dans les municipalités.

Les ministres Laforest et Roy ont indiqué, comme elle l’avait fait en décembre 2019, qu’elles comptent sur ce programme pour dresser, à l’aide, désormais, de 28 agents de développements en patrimoine, des inventaires des bâtiments patrimoniaux dans les municipalités. « Les villes manquent de ressources. Elles manquent d’accompagnement et de personnes pour citer des bâtiments » et ainsi leur accorder une protection en vertu de la loi, a répété la ministre de la Culture. Selon elle, le Québec n’est pas à même, pour l’instant, de savoir exactement ce qu’il doit protéger, faute d’inventaires suffisants et coordonnés les uns avec les autres.

Pas de protection

Plusieurs maisons déjà dûment répertoriées par des inventaires officiels, depuis longtemps accessibles en ligne, ont pourtant été détruites au cours des derniers mois. « Il y aura d’autres étapes pour la protection du patrimoine bâti au Québec », a assuré la ministre Roy, tout en refusant d’indiquer si elle avait l’intention de proposer une révision de la loi.

Présent pour cette annonce faite dans la petite municipalité de McMasterville, le président de la Société d’histoire et de généalogie de Belœil–Mont-Saint-Hilaire, Alain Côté, a constaté devant la ministre Roy qu’« on ne touche pas encore à la source du problème ». Il n’y a pas de mesures, dans ce qu’avance la ministre de la Culture, a-t-il expliqué devant les médias, pour voir à protéger les bâtiments soumis au bon vouloir des promoteurs sur lesquels les municipalités comptent pour assurer une hausse de leurs revenus.

« Je ne connais aucun cas d’une municipalité qui a protégé un bâtiment sans que cela vienne d’abord de son propriétaire », a expliqué M. Côté. Comme d’autres sociétés d’histoire semblables à celle qu’il dirige, il dit avoir tenté en vain de protéger des bâtiments anciens, en l’occurrence un quadrilatère du Vieux-Beloeil. Conséquemment, il lui apparaît que « les subventions à la rénovation, ce sont de la poudre aux yeux parce qu’il n’y a toujours pas de pouvoir de coercition pour protéger le patrimoine québécois de la démolition ».

En juin 2020, un rapport de la vérificatrice générale consacré au patrimoine regrettait que le ministère de la Culture et des Communications laisse entièrement aux villes et aux municipalités la charge de protéger le patrimoine immobilier régional ou local. Dans plus de 80 % des cas étudiés par les enquêteurs de la vérificatrice générale, il n’y avait aucune mention des critères d’analyse retenus par le ministère de la Culture pour justifier la préservation ou non d’un bâtiment.

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